Le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE) et de l’Union des Conseils économiques et sociaux et Institutions similaires d’Afrique (UCESA), Abdelkader Amara, a plaidé à Hangzhou pour une participation accrue du continent africain à la gouvernance mondiale de l’innovation technologique et de l’intelligence artificielle. À l’occasion du Forum économique et social de Chine, il a notamment appelé à améliorer l’accès de l’Afrique aux infrastructures numériques, aux capacités de calcul, aux données et à la recherche, tout en développant les transferts de technologies et les investissements productifs dans le cadre de la coopération sino-africaine.
L’Afrique doit occuper une place plus importante dans les mécanismes internationaux qui accompagnent le développement et la régulation de l’intelligence artificielle. C’est le message porté par Abdelkader Amara lors de sa participation au Forum économique et social de Chine, organisé à Hangzhou.
L’édition 2026 du Forum s’est tenue le 15 septembre et a réuni 85 participants chinois et étrangers autour des questions de gouvernance mondiale, selon le Conseil économique et social de Chine.
Dans son intervention, le président du CESE et de l’UCESA a estimé que la représentation africaine dans la gouvernance mondiale de l’IA devrait davantage tenir compte du poids démographique du continent et de son évolution économique.
Abdelkader Amara a notamment insisté sur les conditions matérielles nécessaires au développement de l’intelligence artificielle. Il a appelé à garantir aux pays africains un accès plus équitable aux infrastructures numériques, aux technologies, aux données, à la recherche et aux capacités de calcul.
Pour le président de l’UCESA, la jeunesse de la population africaine constitue également un élément à prendre en compte dans les transformations technologiques en cours, dans un contexte marqué par le vieillissement démographique de plusieurs autres régions du monde.
Il a parallèlement mis en avant le rôle du continent dans les transitions énergétique, numérique et industrielle, notamment à travers ses ressources en minerais critiques comme le cobalt et le manganèse, utilisés dans différentes technologies liées aux batteries et à l’économie bas-carbone.
À ces ressources s’ajoutent, selon lui, le développement des marchés africains, l’intégration régionale, l’évolution des capacités productives et le potentiel entrepreneurial de la jeunesse du continent.
L’intervention a également porté sur les relations économiques entre la Chine et l’Afrique. Abdelkader Amara a appelé à compléter la croissance des échanges commerciaux par des partenariats davantage orientés vers l’investissement productif, le transfert de technologies, l’innovation, la recherche appliquée et la formation.
Il a mis en avant la complémentarité potentielle entre les capacités industrielles, technologiques et financières chinoises et les ressources humaines et économiques africaines.
Cette orientation vise, selon le responsable marocain, à faire de la coopération technologique un instrument de création de valeur sur le continent et de développement de ses propres capacités.
En marge du Forum, Abdelkader Amara s’est entretenu avec Wang Dongfeng, président du Conseil économique et social de Chine, également vice-président et secrétaire général du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois. La tenue de cette rencontre à Hangzhou le 16 septembre est également rapportée par l’institution chinoise.
Les discussions ont notamment porté sur la coopération entre les institutions consultatives chinoises et africaines. Les deux responsables ont évoqué la Table ronde entre l’UCESA et le Conseil économique et social de Chine, dont la cinquième édition s’est tenue à Malabo, en Guinée équatoriale.
Selon le CESE marocain, Wang Dongfeng a également évoqué les relations entre le Maroc et la Chine dans le contexte du dixième anniversaire de leur partenariat stratégique.
Plus largement, la partie chinoise indique que les échanges organisés avec Abdelkader Amara et d’autres responsables étrangers présents à Hangzhou ont porté sur l’approfondissement de la coopération et sur la gouvernance mondiale.
Les deux responsables ont également abordé la préparation de la 6e Table ronde UCESA–Conseil économique et social de Chine, prévue en septembre 2027 en Chine.
La transformation technologique et l’intelligence artificielle doivent figurer parmi les principales thématiques de cette prochaine édition. Le rendez-vous devrait notamment permettre aux institutions consultatives africaines et chinoises d’échanger sur les conséquences économiques et sociales des technologies émergentes.
Ces discussions interviennent alors que les enjeux liés à l’IA occupent une place croissante dans les échanges organisés à Hangzhou. La 21e Table ronde entre les Conseils économiques et sociaux chinois et européen, organisée le 14 septembre, avait elle-même consacré une partie de ses travaux à une intelligence artificielle centrée sur l’humain.
Pour Abdelkader Amara, l’enjeu consiste désormais à faire en sorte que l’Afrique ne soit pas uniquement utilisatrice des technologies développées ailleurs, mais puisse renforcer ses infrastructures, ses compétences et ses capacités d’innovation afin de participer davantage aux transformations technologiques et aux mécanismes internationaux qui les encadrent.
LNT
