Le taïwanais Froch Enterprise prépare la production commerciale de tubes en acier inoxydable dans une usine marocaine à l’horizon début 2027, avec l’Europe pour marché cible. L’équipementier automobile chinois Minth Group a de son côté annoncé une nouvelle base de production à Tanger, dédiée aux systèmes d’étanchéité complets destinés au marché européen.
Le projet de Froch Enterprise prend place à Tanger Tech, zone industrielle dont le lancement repose sur un premier groupe d’investisseurs primo-installés. L’industriel table sur une contribution comprise entre 15 et 20% du chiffre d’affaires du groupe une fois l’unité en régime de croisière.
La logique des deux implantations est identique et tient en un mot : contournement tarifaire. Produire au Maroc permet d’accéder au marché européen dans des conditions douanières que la production depuis Taïwan ou la Chine ne permet pas, dans un contexte où l’Union européenne a multiplié les mesures de défense commerciale sur l’acier et sur plusieurs segments industriels.
Cette mécanique explique une part significative des investissements étrangers annoncés dans le Nord du Royaume ces dernières années. Elle constitue une opportunité, avec des emplois et des transferts de savoir-faire, mais expose aussi à un risque : celui de voir Bruxelles requalifier certaines opérations en simple assemblage de contournement, si le niveau d’intégration locale reste insuffisant.
Le secteur automobile marocain illustre à l’inverse la profondeur atteignable. Ses exportations ont progressé de 17,4% au premier semestre 2026, à 93,65 milliards de dirhams, premier poste exportateur du Royaume, avec un écosystème d’équipementiers désormais dense autour de Tanger et Kénitra.
Ces implantations pèsent toutefois sur les importations de biens d’équipement, en hausse de 21,2% au premier semestre, à 112,34 milliards de dirhams, contrib
LNT
