Le volcan est entré en éruption samedi, avec des détonations perçues jusqu’à 700 kilomètres. Les cendres ont contraint à la fermeture de huit aéroports, dont celui de Soekarno-Hatta à Jakarta, le plus fréquenté du pays. Plus de 1 550 vols ont été retardés et les écoles de la capitale sont passées à l’enseignement à distance.
L’éruption de l’Anak Krakatoa, littéralement l’enfant du Krakatoa, a débuté samedi, avec des coulées de lave et des détonations audibles jusqu’à sept cents kilomètres. Deux éruptions supplémentaires ont été enregistrées dimanche. Le volcan est situé à environ cent cinquante kilomètres de Jakarta, dans le détroit séparant Java de Sumatra.
Les conséquences sur le trafic aérien sont considérables. Huit aéroports ont été fermés, dont Soekarno-Hatta, principale plateforme internationale du pays, ainsi que Halim, également à Jakarta, les aéroports de Bandung et de Radin, et quatre installations secondaires.
Le bilan opérationnel s’établit à 170 000 passagers bloqués et 1 558 vols retardés, dont plus de neuf cents sur le seul Soekarno-Hatta. Seize liaisons depuis ou vers Bali ont été annulées. La fermeture de l’aéroport de Jakarta courait de dimanche 1h30 à lundi 8h59 heure locale, avec une prolongation possible en cas d’intensification de l’activité éruptive.
La cendre volcanique constitue un danger spécifique pour l’aviation, distinct de la fumée ordinaire. Composée de particules de silice, elle fond au contact des parties chaudes des réacteurs et se resolidifie sur les aubes de turbine, ce qui peut provoquer l’extinction des moteurs en vol. Cette caractéristique explique la fermeture systématique des espaces aériens concernés, mesure sans alternative technique.
Les autorités ont pris des mesures d’accompagnement. Les écoles de la capitale ont été fermées lundi, les cours basculant en ligne. Les navires ont été appelés à la prudence et une zone d’exclusion de trois kilomètres a été établie autour du volcan.
Le nom du volcan renvoie à un précédent qui explique la vigilance des autorités. L’Anak Krakatoa a émergé en 1927 dans la caldeira laissée par l’éruption du Krakatoa de 1883, l’une des plus meurtrières de l’histoire documentée. En décembre 2018, l’effondrement d’un flanc de ce même cône avait provoqué un tsunami qui avait fait plus de quatre cents morts sur les côtes de Java et de Sumatra, sans signe précurseur détectable.
Les services de surveillance indiquent poursuivre le suivi de l’activité sismique, dont l’évolution suggère une possible intensification.
LNT
