La Fédération nationale des promoteurs immobiliers fait état de ventes à l’arrêt depuis plusieurs mois, les données officielles situant le recul entre 30 et 40%, niveau que les professionnels jugent encore inférieur à la réalité du marché.
Quatre causes sont avancées. La demande des Marocains résidant à l’étranger, traditionnellement déterminante pendant la période estivale, s’est rétractée sous l’effet de l’inflation dans leurs pays de résidence. L’offre bute sur une pénurie de foncier constructible dans les grandes villes, Casablanca, Rabat, Tanger, Marrakech et Agadir, phénomène qui s’étend désormais aux villes moyennes. Les coûts de construction progressent avec le renchérissement des produits pétroliers. Les délais administratifs enfin atteignent jusqu’à une année pour l’obtention des autorisations, la plateforme notariale Tawtik ayant par ailleurs été paralysée plusieurs semaines par des attaques informatiques.
L’été 2025 a marqué le renversement du cycle saisonnier : un notaire de Casablanca déclare n’avoir enregistré aucune transaction depuis juin. Le dispositif d’aide directe au logement, qui peut atteindre 100 000 dirhams, suscite un intérêt limité au regard du volume d’aide engagé.
Les professionnels placent leurs attentes dans les chantiers liés à la Coupe du monde 2030, en relevant que la production de logements accuse un retard sur l’avancement des infrastructures. Ils réclament des mesures de relance sectorielles, notamment sur la mobilisation du foncier public et la simplification des procédures d’autorisation.
Le secteur pèse directement sur l’emploi non qualifié, sur la demande adressée aux matériaux de construction et sur l’encours des crédits bancaires, trois canaux par lesquels son ralentissement se diffuse à l’ensemble de l’économie.
LNT