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IA : PwC et Alteryx mettent l’accent sur les défis du déploiement à grande échelle dans les entreprises

Par LNT
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Alors que les entreprises multiplient les expérimentations autour de l’intelligence artificielle, la transformation de ces initiatives en résultats opérationnels reste un défi. Cette problématique était au centre d’une rencontre organisée mardi 3 novembre à Casablanca par PwC au Maroc et Alteryx, sous le thème « Réussir vos projets IA : passer du pilote au déploiement à grande échelle ». Les échanges ont notamment porté sur la gouvernance des données, l’intégration de l’IA dans les processus métiers et les conditions nécessaires à son adoption par les collaborateurs.

Dans son intervention introductive, Hind Barakat, associée chez PwC au Maroc, a souligné le décalage entre les investissements consacrés à l’IA et les bénéfices effectivement constatés par les entreprises.

S’appuyant sur la 29e édition de la Global CEO Survey de PwC, réalisée auprès de 4.454 dirigeants dans 95 pays, elle a indiqué que 56 % des répondants ne constataient pas encore de création de valeur liée à l’IA dans leurs opérations, tandis que 12 % seulement déclaraient en percevoir des bénéfices.

Pour Hind Barakat, l’enjeu ne réside donc plus uniquement dans la démonstration des capacités technologiques de l’IA, mais dans son intégration durable aux processus de travail. « Ce qui crée la valeur, c’est quand cette technologie va être réellement mise à la disposition des collaborateurs », a-t-elle expliqué.

Des expérimentations encore difficiles à industrialiser

Raphaël Savy, vice-président régional Europe du Sud et Afrique du Nord chez Alteryx, a également insisté sur les difficultés rencontrées par les entreprises pour dépasser le stade des projets pilotes.

Selon les données qu’il a présentées, seuls 5 % des projets d’IA parviendraient à un déploiement réussi à grande échelle. Il a identifié plusieurs obstacles, notamment la qualité des données, leur gouvernance, la prise en compte des règles métiers et l’adhésion des utilisateurs.

Les entreprises ont souvent investi dans des plateformes de données et des infrastructures technologiques sans nécessairement adapter leurs processus internes. Or, selon l’intervenant, l’ajout d’outils d’intelligence artificielle ne suffit pas à transformer les opérations si les règles de gestion et les mécanismes de contrôle ne sont pas clairement définis.

Dans ce contexte, Alteryx a présenté sa plateforme Alteryx One, qui associe préparation des données, automatisation analytique et intelligence artificielle agentique. L’objectif annoncé est de permettre aux équipes métiers de développer des processus automatisés, tout en conservant des mécanismes de traçabilité et de contrôle.

Un retour d’expérience dans l’industrie marocaine

Les échanges ont également été l’occasion de présenter un cas d’accompagnement réalisé auprès d’une grande entreprise industrielle marocaine.

Dans le cadre de l’Analytics Innovation Program (AIP), les équipes de PwC et d’Alteryx ont travaillé avec les collaborateurs de cette entreprise pour identifier les tâches récurrentes susceptibles d’être automatisées.

La démarche a consisté à partir des besoins opérationnels des utilisateurs, plutôt que des fonctionnalités de l’outil. Après une phase de formation, les collaborateurs ont été accompagnés dans le développement de leurs propres cas d’usage.

Selon les éléments présentés, une quinzaine de collaborateurs ont bénéficié de cet accompagnement, à travers une quarantaine de séances de travail. Le programme aurait permis de réaliser des gains de temps et d’efficacité.

Les intervenants ont notamment insisté sur l’importance de former des référents internes capables d’accompagner ensuite d’autres collaborateurs, afin de favoriser une adoption progressive des solutions analytiques.

La gouvernance et la confiance au centre des enjeux

Pour Soukaina Ghanjaoui, manager chez PwC au Maroc, les difficultés de déploiement de l’IA relèvent autant de l’organisation des entreprises que de la technologie.

Elle a notamment évoqué la dispersion des données entre différents systèmes, l’absence d’harmonisation des indicateurs, les responsabilités parfois mal définies et la difficulté d’intégrer les nouveaux outils aux pratiques quotidiennes.

La question de la confiance a également occupé une place importante dans les discussions. Les intervenants ont souligné la nécessité de disposer de résultats explicables, reproductibles et auditables, particulièrement dans les fonctions financières et les activités soumises à des exigences réglementaires.

Mehdi Barrakad, associé chez PwC au Maroc, a pour sa part rappelé que le déploiement de l’IA devait s’inscrire dans une stratégie d’entreprise clairement définie, avec des objectifs mesurables et un engagement de la direction générale.

Il a également insisté sur les enjeux de cybersécurité, de protection des données, d’hébergement et de conformité réglementaire, notamment pour les secteurs sensibles comme la banque.

Mesurer les résultats au-delà des projets pilotes

Les participants ont enfin abordé la nécessité de mieux mesurer les effets économiques et organisationnels des projets d’intelligence artificielle.

Au-delà du nombre de solutions expérimentées ou de collaborateurs formés, les indicateurs devraient notamment porter sur les économies réalisées, la réduction des délais de traitement, l’amélioration de la qualité des décisions et la maîtrise des risques.

Les échanges ont ainsi mis en évidence une évolution des priorités des entreprises : après une phase consacrée à l’expérimentation technologique, l’attention se porte désormais sur la capacité à intégrer l’intelligence artificielle dans les activités courantes, avec des résultats quantifiables et des dispositifs de gouvernance adaptés.

Selim Benabdelkhalek

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