HealthTech’26: l’IA au cœur de la transformation des systèmes de santé au Maroc et en Afrique
L’intelligence artificielle s’impose désormais comme un levier de développement des systèmes de santé permettant d’améliorer la qualité des soins et de promouvoir l’accès aux prestations sanitaires au Maroc comme en Afrique, a affirmé, mardi à Rabat, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni.
Intervenant à l’ouverture de la 3e e dition du Congre s international HealthTech’26 – Global Summit of Digital Health and Smart Healthcare-, un e ve nement scientifique majeur consacre a la transformation nume rique des syste mes de sante avec un focus sur les enjeux africains, Mme Seghrouchni a souligné l’importance de l’intégration des innovations technologiques dans le domaine de la santé.
Selon la ministre déléguée, la transformation numérique et l’IA offrent d’importantes opportunités susceptibles de promouvoir des prestations sanitaires de qualité, tout en contribuant à la performance des secteurs clés. Toutefois, pour en faire un véritable vecteur de développement durable, leur déploiement doit s’accompagner d’un débat inclusif et de cadres éthiques et réglementaires solides, garants de la confiance et de la protection des droits, a-t-elle préconisé.
Mettant en avant les efforts de son département en vue de structurer la chaîne de valeur de l’IA, Mme Seghrouchni a rappelé le lancement de JAZARI Santé, une initiative dédiée à la santé digitale et à l’IA appliquée aux systèmes de soins, qui vise notamment à répondre de manière ciblée aux priorités nationales et à structurer des cas d’usage en matière de prévention, de diagnostic précoce, d’optimisation des parcours de soins et de performance hospitalière.
Par ailleurs, elle a rappelé que le Maroc, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a fortement impulsé la coopération Sud-Sud, notamment à travers l’Initiative Atlantique Royale visant à renforcer l’intégration régionale, le développement économique et la stabilité des pays africains.
La ministre déléguée a insisté, dans ce cadre, sur l’importance d’une coopération africaine renforcée et mutualisée, fondée sur le partage d’expertises, en particulier dans les domaines de la transformation digitale et de la réforme de l’administration qui « constituent des axes structurants de l’engagement du Maroc envers son espace africain ».
De son côté, le directeur général du Centre africain de formation et de recherche administratives pour le développement (CAFRAD), Coffi Dieudonné Assouvi, a fait observer que la santé digitale constitue désormais un levier majeur de réforme des politiques publiques, de renforcement de la gouvernance sanitaire et d’amélioration de l’accès aux soins.
Dans le contexte actuel où l’IA et les technologies émergentes transforment en profondeur les modes de gouvernance, les politiques publiques et les systèmes de soins, la santé ne peut plus être pensée uniquement dans sa dimension biomédicale, mais s’impose désormais comme un champ stratégique de convergence entre science, technologie, innovation, éthique, formation et politiques publiques, a expliqué le responsable africain.
A travers le 3è Congre s international HealthTech’26, a-t-il ajouté, le CAFRAD réaffirme son engagement à promouvoir la coopération internationale dans le domaine des technologies médicales, à encourager l’émergence de solutions africaines adaptées aux réalités du continent et à former une nouvelle génération de décideurs et de professionnels capables d’intégrer l’innovation dans les politiques publiques.
Évoquant les défis auxquels sont confrontés les systèmes de santé, le ministre gambien de la Santé, Ahmadou Lamin Samateh, a noté l’importance de la santé digitale pour relever ces défis, jugeant nécessaire l’intégration de l’IA et des innovations technologiques dans ce domaine en vue de garantir des offres de soins de qualité, plus intelligentes, plus solidaires et accessibles à tous.
Le directeur provincial de la recherche à l’Université de Technologie de Troyes (UTT) en France, Farouk Yalaoui, a relevé, quant à lui, que le recours à l’IA dans le domaine de la santé pose de nouveaux défis à la fois techniques et éthiques, liés notamment à la protection des données des patients et de leur vie privée, estimant que son usage est appelé à réduire les écarts en matière d’accès et de qualité.
De son côté, le président de la Société marocaine de santé digitale (SMSD), Wajih Rhalem, a indiqué que la HealthTech’26 se veut une plateforme académique et scientifique de haut niveau, dédiée aux enjeux et aux perspectives de la transformation numérique des systèmes de santé à l’échelle africaine et internationale.
En marge de la séance d’ouverture de cette 3ème édition qui se poursuit jusqu’au 12 février, il a été procédé à la signature de six conventions de partenariat entre le SMSD et ses partenaires opérant dans le domaine de santé.
Issu de la convergence scientifique du Global Summit of Digital Health et de la Smart Healthcare International Conference, HealthTech’26 est organisé par le CAFRAD, la SMSD, l’UTT, l’Universite Mohammed V de Rabat et l’Universite du Que bec en Outaouais.
S’inscrivant dans une approche pluridisciplinaire, collaborative et panafricaine, HealthTech’26 réunit chercheurs, de cideurs publics, institutions internationales, professionnels de sante et acteurs de l’innovation venus débattre des de fis et opportunite s de la sante digitale. Il ambitionne ainsi d’ériger le Maroc en un hub continental d’innovation, dans le cadre de coope rations Nord–Sud et Sud–Sud.
Au programme de cette édition figurent des panels abordant diverses thématiques liées notamment à la télémédecine en Afrique, la cybersécurité et la souveraineté numérique, l’IA appliquée aux maladies prioritaires, la formation aux technologies émergentes, l’éthique et la gouvernance de l’IA en santé.
LNT avec Map
