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HealthTech’26: l’IA au cœur de la transformation des systèmes de santé au Maroc et en Afrique

HealthTech’26: l’IA au cœur de la transformation des systèmes de santé au Maroc et en Afrique

Par LNT
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L’intelligence artificielle (IA) et les technologies émergentes s’imposent comme des leviers structurants pour l’évolution des systèmes de santé au Maroc et en Afrique. Cette orientation a été mise en avant lors de l’ouverture de la troisième édition du Congrès international HealthTech’26 – Global Summit of Digital Health and Smart Healthcare –, organisé à Rabat du 10 au 12 février.

Une édition placée sous le signe de la convergence scientifique

L’édition 2026 se distingue par la fusion de deux événements majeurs : le Sommet mondial de la santé numérique et la Conférence internationale sur la santé intelligente (ShelC). Cette convergence vise à constituer un pôle pluridisciplinaire capable d’enrichir la production scientifique et d’accompagner la transformation des systèmes de santé.

Selon les organisateurs, l’objectif est de répondre au développement rapide de la santé digitale et de la médecine intelligente face aux défis sanitaires, technologiques et socio-économiques du continent africain. HealthTech’26 ambitionne ainsi de créer un espace de production scientifique de haut niveau, favorisant la diffusion et le transfert de connaissances en matière d’innovation.

L’IA comme outil d’amélioration des soins

Intervenant à l’ouverture, Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, a souligné que l’IA constitue un levier d’amélioration de la qualité des soins, d’optimisation des parcours médicaux et de renforcement de la performance hospitalière.

Elle a indiqué que la transformation digitale offre des opportunités significatives en matière de prévention, de diagnostic précoce et de gestion des établissements de santé. Toutefois, elle a insisté sur la nécessité d’accompagner ce déploiement par des cadres éthiques et réglementaires robustes, garantissant la protection des données, la transparence et la confiance des citoyens.

Mme Seghrouchni a rappelé le lancement de l’initiative JAZARI Santé, destinée à structurer des cas d’usage de l’IA appliqués aux systèmes de soins, en lien avec les priorités nationales.

Une dynamique panafricaine et internationale

HealthTech’26 est organisé par le Centre africain de formation et de recherche administratives pour le développement (CAFRAD), la Société marocaine de santé digitale (SMSD), l’Université de Technologie de Troyes, l’Université Mohammed V de Rabat et l’Université du Québec en Outaouais.

La ministre a indiqué que l’événement s’inscrit dans le cadre d’une coopération Nord–Sud et Sud–Sud, mobilisant des partenaires européens, canadiens et africains, ainsi que des associations professionnelles et académiques.

Le directeur général du CAFRAD, Coffi Dieudonné Assouvi, a souligné que la santé digitale constitue un levier de réforme des politiques publiques et de modernisation de la gouvernance sanitaire. Il a estimé que les systèmes de santé doivent désormais être pensés comme des écosystèmes intégrant science, technologie, innovation, formation et politiques publiques.

Intelligence artificielle, IoT et cybersécurité au programme

La journée d’ouverture a permis d’aborder l’intégration de l’IA, de l’Internet des objets (IoT), de la réalité augmentée et virtuelle dans les systèmes de santé. Les échanges ont porté sur les usages en matière de recherche, d’expérimentation, d’amélioration du diagnostic et d’anticipation du développement de certaines pathologies.

Farouk Yalaoui, directeur provincial de la recherche à l’Université de Technologie de Troyes, a mis en avant les défis techniques et éthiques liés à l’utilisation de ces technologies, notamment en matière de cybersécurité et de protection des données médicales.

Le programme comprend huit panels thématiques consacrés notamment à l’intelligence artificielle, à la cybersécurité, aux systèmes intelligents de management hospitalier et aux technologies émergentes appliquées à la santé.

Hackathon, recherche et formation

Au-delà des conférences, HealthTech’26 s’articule autour de plusieurs initiatives complémentaires. En amont du congrès, un hackathon a été organisé sous forme de compétition interuniversitaire et ouverte aux start-ups développant des solutions en santé digitale. Les lauréats seront récompensés lors de la clôture.

Une compétition « Best Thesis » a également été mise en place pour distinguer les meilleures thèses dans le domaine, avec un soutien financier destiné à promouvoir les travaux des lauréats.

Les organisateurs ont indiqué avoir reçu près de 200 articles scientifiques à l’échelle nationale et internationale. Après évaluation, 122 travaux ont été retenus pour des communications orales et feront l’objet d’une publication auprès de l’éditeur Springer Nature.

Par ailleurs, un programme Summer School a été organisé à l’Université Mohammed V de Rabat, à travers la Cité de l’innovation et en collaboration avec Technopark Maroc, afin de former de jeunes chercheurs et entrepreneurs aux enjeux de la santé digitale.

Selon Wajih Rhalem, président de la Société marocaine de santé digitale et co-président du congrès, l’objectif est de capitaliser sur la production scientifique générée par l’événement et de pérenniser un écosystème favorable à la synergie pluridisciplinaire.

En marge de la séance d’ouverture, six conventions de partenariat ont été signées entre la SMSD et plusieurs partenaires du secteur.

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