Crédits photo : Ahmed Boussarhane/LNT

Société

Hauts les masques !

le 5 août 2020


Comme on peut le comprendre à la lecture des données statistiques quotidiennes publiées par le Ministère de la Santé, nous sommes loin d’en avoir terminé avec le (la ?) Covid-19 dans notre pays.

Les nouveaux cas d’infection dépassent allègrement le millier chaque jour, tandis que le taux de létalité est en hausse ainsi que, malheureusement, celui des décès.

Résultat, on assiste à la prise de mesures contraignantes, au coup par coup et au cas par cas, mais, s’il ne s’agit pas d’un re-confinement généralisé, il n’en reste pas moins que ces restrictions à la libre circulation des personnes, ces fermetures de commerce et autres salles de sport ou hammams, en plusieurs villes du Royaume, constituent des freins objectifs à un retour à la normalité pré-pandémie du coronavirus.

Mais peut-il en être autrement alors qu’il est très facile de constater, en milieux urbains surtout, que nos concitoyens font majoritairement preuve d’un laxisme et d’un manque de respect caractérisés des mesures préventives !

Tel gardien de voitures s’approche de vous avec un semblant de masque porté autour du cou… Idem pour le marchand de fruits et légumes ou encore le taximan qui, avec tous ses passagers, discutent sans le moindre masque apposé correctement.

Alors, disons-le franchement, il n’y a rien d’étonnant que le Covid-19 soit toujours fortement menaçant et, faute de réactions sévères des autorités pour faire respecter les mesures barrières, il le restera encore pour longtemps, mettant en cause tous les acquis sanitaires obtenus durant le confinement.

Car on comprend de tout cela que les pouvoirs publics, qui savent que l’on ne pourrait revenir à la stricte application d’un confinement généralisé à tout le territoire national, se voient dans l’obligation de prendre des décisions au coup par coup, au risque à la fois de désorienter totalement les citoyens, desservis d’ailleurs par une politique de communication déficiente, mais également de mettre en cause la nécessaire reprise économique pourtant voulue et annoncée par les plus hautes autorités du pays.

Ainsi, alors que le secteur du tourisme est sinistré et qu’on annonce un contrat-programme pour essayer de limiter la casse, sociale notamment, on se demande comment procéder à son application prochaine alors que les frontières sont toujours fermées, que l’état d’urgence sanitaire risque fort d’être prolongé au-delà du 10 août et que le tourisme intérieur est malmené par les interdictions de déplacements inter-villes.

La même remarque vaut également pour les préconisations à caractère social en vue de prendre en charge les démunis, instaurer des filets sociaux solides, (AMO généralisée, RSU, etc.), et in fine, lancer le plan royal destiné à faire face aux difficultés post-Covid avec 20 milliards de dirhams directement « mis sur la table » par le Budget général de l’État qui, tels un levier, généreraient 120 milliards d’investissements prochains.

C’est donc une évidence qui s’impose à nous tous, celle qui énonce qu’il ne sera guère possible de mettre en œuvre tous les instruments de la reprise multiforme tant attendue tant que la situation sanitaire ne sera pas de nouveau durablement maitrisée !

Voilà pourquoi, en sus des mesures qui sont actuellement appliquées, notamment pour restreindre les déplacements interurbains qui ne devraient plus trop s’étaler dans le temps, il serait peut-être nécessaire de renforcer les contrôles et les sanctions dans les grandes villes, mais intra-muros et surtout dans les lieux qui favorisent la promiscuité, qu’ils soient ouverts ou clos.

Il y a donc urgence en la matière avant que l’arrivée de l’automne ne signifie l’annonce d’une seconde vague tandis qu’aujourd’hui, bien visiblement, le pic de l’épidémie, dans sa première vague, n’est visiblement toujours pas atteint.

Qu’enfin, une fois pour toutes, nos concitoyens comprennent que le masque n’est pas un ornement original que l’on met autour de son cou, mais le seul moyen de se prémunir et de prémunir les autres contre le Covid-19 quand il couvre correctement le nez et la bouche de chacun.

Fahd YATA