Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, a appelé les dirigeants des grandes entreprises de l’intelligence artificielle à faire preuve d’une transparence totale concernant l’empreinte environnementale de leurs technologies. Dans un contexte de croissance fulgurante de l’IA générative et de multiplication des centres de données à travers le monde, le patron de l’ONU estime que les coûts climatiques de cette révolution technologique doivent être clairement exposés aux gouvernements et au grand public.
Depuis l’explosion de l’intelligence artificielle générative, portée notamment par les grands modèles de langage et les outils de création automatisée, les besoins en puissance de calcul ont considérablement augmenté. Cette évolution s’accompagne d’une hausse de la consommation d’électricité des centres de données, dont le fonctionnement nécessite également d’importantes ressources en eau pour le refroidissement des infrastructures.
Face à cette situation, Antonio Guterres a exhorté les acteurs du secteur à communiquer de manière transparente sur les quantités d’énergie consommées, les émissions de gaz à effet de serre générées ainsi que les ressources mobilisées pour développer et exploiter les systèmes d’IA. Selon lui, la transition numérique ne peut se faire au détriment des objectifs climatiques mondiaux.
Cette prise de position s’inscrit dans une démarche plus large du secrétaire général visant à renforcer la gouvernance internationale de l’intelligence artificielle. Lors du Sommet mondial sur l’IA organisé à New Delhi en février 2026, Antonio Guterres avait déjà appelé à « moins de battage, moins de peurs et plus de faits et de preuves » autour de cette technologie. Il avait également annoncé la création d’une commission scientifique internationale chargée d’évaluer objectivement les impacts économiques, sociaux et environnementaux de l’IA.
Le responsable onusien considère que les décisions publiques ne doivent pas être guidées par les promesses des entreprises technologiques ou par des spéculations, mais par des données vérifiables permettant d’évaluer les bénéfices et les risques réels de l’IA.
Antonio Guterres ne remet toutefois pas en cause le potentiel de l’intelligence artificielle. L’ONU reconnaît que cette technologie peut contribuer à accélérer la recherche scientifique, améliorer les systèmes de santé, optimiser les réseaux énergétiques ou encore renforcer la lutte contre le changement climatique.
Le secrétaire général rappelle néanmoins que ces bénéfices doivent être mis en balance avec les coûts environnementaux associés à la course mondiale aux infrastructures numériques. Selon lui, il est indispensable que l’innovation technologique soit guidée par l’intérêt général et non uniquement par des impératifs de rentabilité ou de concurrence économique.
Les appels de l’ONU interviennent alors que les discussions internationales sur la régulation de l’intelligence artificielle restent marquées par de profondes divergences. Plusieurs pays soutiennent la mise en place de mécanismes internationaux de supervision et de normes communes, tandis que d’autres privilégient une approche plus souple afin de préserver l’innovation et la compétitivité de leurs entreprises.
Antonio Guterres plaide depuis plusieurs mois pour la création de garde-fous mondiaux capables d’encadrer le développement de l’IA. Il estime que cette technologie est devenue trop importante pour être laissée aux seules mains d’un nombre limité d’entreprises ou de pays, rappelant que ses effets se feront sentir sur l’ensemble de l’économie mondiale et sur les sociétés.
Pour l’ONU, l’enjeu consiste désormais à éviter que l’essor de l’intelligence artificielle ne compromette les efforts engagés pour limiter le réchauffement climatique. Alors que la demande mondiale en capacités de calcul continue de progresser à un rythme soutenu, la question de l’impact environnemental du numérique devient centrale dans les débats sur la transition écologique.
En appelant les géants de l’IA à « dire toute la vérité » sur leur coût climatique, Antonio Guterres cherche à placer la transparence au cœur du développement de cette technologie. Une exigence qu’il juge indispensable pour permettre aux États, aux entreprises et aux citoyens de mesurer les conséquences réelles de la révolution de l’intelligence artificielle et d’en orienter le développement de manière responsable.
LNT
