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Guerre au Moyen-Orient : Le débat sur l’urgence de relancer le raffinage national refait surface !

Guerre au Moyen-Orient : Le débat sur l’urgence de relancer le raffinage national refait surface !

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Compte tenu des répercussions graves d’une guerre ouverte entre les États-Unis-Israël et l’Iran sur l’approvisionnement en pétrole, en gaz et en leurs dérivés, le Front National pour la Sauvegarde de la Raffinerie Marocaine de Pétrole (la Samir), tient à rappeler l’importance d’une raffinerie nationale pour la souveraineté énergétique du Maroc.

Après plus de douze jours de tensions armées en Moyen Orient, l’inquiétude des États du Globe de voir leur approvisionnement en pétrole s’arrêter ou diminuer, monte d’un cran.

En ce début de semaine, le président américain, sur sa plateforme Truth Social, a promis que « les conséquences militaires pour l’Iran seront sans précédent », s’il minait le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le pétrole mondial.

De facto sous contrôle iranien, et par lequel transite en temps de paix un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié, le Détroit d’Ormuz est devenu un nerf de cette guerre. Téhéran affiche toujours sa détermination, défiant ainsi les Etats-Unis et Israël, en rejetant l’idée-même d’un cessez-le-feu. « Nous pensons que l’agresseur doit être puni », a dit le président du Parlement iranien, l’influent Mohammad Bagher Ghalibaf.

 

Bloquer les exportations

Visée depuis onze jours par des bombardements, l’armée iranienne a lancé des salves de missiles et de drones vers Israël et des pays voisins du Golfe, grands producteurs d’hydrocarbures abritant pour certains des bases américaines. Car Téhéran a juré de bloquer les exportations de pétrole du Moyen-Orient, faisant de l’or noir un nerf de la guerre.

Pour rappel, depuis le début du conflit, le 28 février, les forces iraniennes ont visé des infrastructures énergétiques, entraînant lundi une envolée des cours du baril, avant une baisse dans la foulée de propos ambigus du président américain sur la fin de la guerre.

La baisse des prix s’était accélérée après l’annonce américaine, démentie par la suite, d’un premier pétrolier escorté par la Marine américaine ayant franchi le détroit d’Ormuz.

Le risque pesant sur la production d’hydrocarbures a été illustré par la fermeture, à cause d’une attaque de drones, de la raffinerie de Ruwais aux Emirats Arabes Unis, l’une des plus grandes au monde, selon une source proche du dossier.

Néanmoins, il est quand même important de préciser qu’officiellement, aucune destruction n’a été annoncée jusqu’à présent. Rejetant l’appel américain à ne pas prendre en otage l’économie mondiale, Ali Mohammad Naini, porte-parole des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique du pouvoir iranien, avait promis de ne pas permettre « l’exportation d’un seul litre de pétrole » à destination du camp adverse.

Si les cours du pétrole baissent, leur stabilisation dépendra d’un retour à la normale. « Il est absolument crucial que le transport maritime reprenne dans le détroit d’Ormuz », a résumé le patron du géant saoudien des hydrocarbures Aramco, Amin Nasser.

En Europe, la fébrilité était de mise, la Commission européenne recommandant aux Etats pouvant se le permettre de baisser les taxes sur l’énergie pour maîtriser les prix. Mettant en garde contre une « guerre sans fin », le chancelier allemand, Friedrich Merz a déploré l’absence d’un « plan » américano-israélien pour arrêter le conflit.

L’Agence Internationale de l’Energie a, elle, débattu mardi dernier de l’opportunité de puiser dans des stocks stratégiques d’hydrocarbures. La réunion s’est achevée sans annonce.

 

Le gouvernement veut rassurer

Au Maroc, le Gouvernement rassure sur l’importance du stock disponible.

Le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable a affirmé poursuivre, de manière quotidienne, le suivi rigoureux de la situation des stocks nationaux, afin d’assurer la couverture des besoins nationaux dans les meilleures conditions, soulignant qu’il veillera à tenir l’opinion publique informée de toute évolution y afférente, selon l’évolution de la conjoncture mondiale.

Dans un communiqué, le ministère a précisé que le Royaume suit de près les développements dans la région du Moyen-Orient, marqués par des atteintes à la souveraineté de plusieurs pays arabes frères et à l’intégrité de leurs territoires, leurs répercussions sur plusieurs secteurs, notamment le transport, les infrastructures civiles et militaires, les infrastructures numériques et les centres de données, ainsi que les institutions bancaires et les assurances dans un contexte marqué par l’étroite interdépendance des systèmes économiques et financiers à l’échelle mondiale.

Dans ce contexte, le ministère suit de près les chaînes d’approvisionnement énergétique à la lumière des développements régionaux et internationaux, relevant que les indicateurs disponibles montrent que le système énergétique mondial dispose, à court terme, des éléments nécessaires pour absorber les chocs et les fortes fluctuations des prix, ainsi que leurs répercussions potentielles sur l’inflation, grâce aux mécanismes de coordination internationale.

Ainsi, le ministère a appelé l’ensemble des acteurs à faire preuve de sens des responsabilités et à placer l’intérêt national au premier plan, en veillant à garantir la stabilité du marché et à éviter toute pratique susceptible d’avoir un impact négatif sur le pouvoir d’achat des citoyens ou sur les équilibres économiques.

Pendant ce temps, le Front National pour la Sauvegarde de la Raffinerie Marocaine de Pétrole (FNSS), tient à souligner la nécessité de redonner vie à la Samir en vue de garantir au Maroc une bonne dose d’indépendance pétrolière.

Face à une situation guerrière de plus en plus inquiétante, le risque de voir les prix grimper, soit 15Dhs/litre n’est pas exclu, alerte-t-on auprès de cette ONG.

Et de poursuivre que suite aux propositions formulées depuis 2018, visant à renforcer la souveraineté énergétique, à relancer le raffinage à la société Samir et à protéger les consommateurs des répercussions de la hausse des prix de carburants, le Bureau Exécutif du FNSS exprime sa vive inquiétude face à la situation dangereuse dans laquelle se trouve le Moyen-Orient  susceptible de provoquer une nouvelle vague d’inflation qui pourrait dépasser l’ampleur de la guerre russo-ukrainienne de 2022 et les répercussions de la COVID-19.

Par la même occasion, elle met en garde contre toute exploitation de la situation actuelle dans le Proche Orient par des spéculateurs opportunistes et appelle à prendre toutes les mesures nécessaires pour satisfaire les besoins nationaux en énergie pétrolière et gazière…

H.Z

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