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AFPManifestation pour dénoncer les ambitions territoriales de Donald Trump qui continue d'afficher son intention de s'emparer du Groenland, le 17 janvier 2026 à Nuuk

Groenland : l’UE affiche son unité et prépare une riposte face aux menaces de Donald Trump

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Groenland : l’UE affiche son unité et prépare une riposte face aux menaces de Donald Trump

Par LNT
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AFPManifestation pour dénoncer les ambitions territoriales de Donald Trump qui continue d'afficher son intention de s'emparer du Groenland, le 17 janvier 2026 à Nuuk

Face aux menaces de surtaxes douanières brandies par Donald Trump et à sa volonté réaffirmée de s’emparer du Groenland, territoire autonome danois, les Vingt-Sept ont affiché dimanche une unité inhabituelle et engagé des discussions sur une réponse coordonnée. Dans un climat de tension diplomatique croissante, l’Union européenne s’organise à la fois sur le plan politique et commercial, tout en privilégiant officiellement la voie du dialogue.

À l’issue d’une réunion d’urgence des ambassadeurs des États membres, le président du Conseil européen Antonio Costa a annoncé la tenue prochaine d’un sommet extraordinaire des dirigeants européens, qui devrait se tenir dans les jours à venir, probablement jeudi selon des sources diplomatiques. Cette initiative traduit la volonté de Bruxelles de délivrer un message clair à Washington, alors que plusieurs capitales estiment inacceptable l’usage de mesures commerciales comme instrument de pression politique.

Selon des diplomates européens, les discussions ont montré que les États membres considéraient que l’UE disposait de plusieurs leviers pour répondre si nécessaire. En parallèle, la Commission européenne a été invitée à examiner les différentes options de riposte envisageables, même si aucune décision formelle n’a encore été prise.

Le président français Emmanuel Macron a indiqué qu’il demanderait l’activation de l’instrument anti-coercition de l’UE si de nouvelles barrières douanières étaient imposées par les États-Unis. Cet outil, décrit par certains eurodéputés comme une « arme nucléaire économique », permettrait à l’Union de restreindre les importations en provenance d’un pays tiers, de limiter son accès aux marchés publics européens ou de bloquer certains investissements, en cas d’utilisation abusive de mesures commerciales contre les intérêts européens.

Une autre option évoquée serait la réactivation de mesures de représailles visant jusqu’à 93 milliards d’euros de marchandises américaines, initialement prévues avant d’être suspendues à l’été 2025 après la conclusion d’un accord commercial entre Washington et Bruxelles. Ce texte, désormais soumis à l’examen des eurodéputés, suscite cependant de fortes réticences au Parlement européen, plusieurs responsables politiques estimant qu’il ne peut être validé dans le contexte actuel.

Au-delà des considérations commerciales, la crise autour du Groenland prend une dimension stratégique et sécuritaire. Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, a estimé que l’ordre mondial tel qu’il existe et l’avenir même de l’Otan étaient en jeu, tout en se disant confiant dans le soutien européen au Danemark.

Dans ce contexte, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a multiplié les échanges avec plusieurs dirigeants européens, dont le Premier ministre britannique Keir Starmer et la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni. Elle a affirmé que l’Union européenne resterait fermement engagée dans la défense de la souveraineté du Groenland et du royaume du Danemark, tout en soulignant que les menaces douanières américaines risquaient d’affaiblir dangereusement les relations transatlantiques. Elle a insisté sur la nécessité pour les Européens de rester « unis et coordonnés » face à cette situation inédite.

Cette position a été reprise dans un communiqué commun signé par le Danemark, la Finlande, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni, qui ont dénoncé des menaces susceptibles de créer un engrenage dangereux et réaffirmé leur détermination à défendre la souveraineté européenne.

La tension s’est accentuée après l’arrivée de militaires européens au Groenland pour participer à l’exercice Arctic Endurance, une manœuvre qui a provoqué une réaction virulente de Donald Trump. Ce dernier a accusé les huit pays concernés de jouer un « jeu très dangereux » et menacé d’imposer des droits de douane supplémentaires, pouvant atteindre 25 % d’ici juin, tant qu’un accord pour la « vente complète et intégrale » du Groenland ne serait pas conclu.

Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump évoque régulièrement la possibilité de placer le Groenland sous contrôle américain, invoquant des raisons de sécurité face à l’influence croissante de la Russie et de la Chine en Arctique. Cette situation crée une tension inédite entre les États-Unis et le Danemark, deux alliés au sein de l’Otan, et soulève des interrogations sur la cohésion de l’Alliance atlantique.

Dans ce contexte délicat, le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a confirmé avoir échangé par téléphone avec Donald Trump au sujet de la situation sécuritaire au Groenland et dans l’Arctique. Il a indiqué que les discussions se poursuivraient et qu’il rencontrerait le président américain à Davos en fin de semaine, sans toutefois détailler le contenu de leur échange.

LNT avec AFP

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