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Gitex Africa Morocco 2026, pour renforcer le poids du Maroc dans l’économie numérique

Economie

Gitex Africa Morocco 2026, pour renforcer le poids du Maroc dans l’économie numérique

Par LNT
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La quatrième édition de Gitex Africa Morocco, prévue du 7 au 9 avril à Marrakech sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI, et organisé sous l’égide du ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, en partenariat avec l’Agence de développement du digital (ADD) et KAOUN International, ambitionne de renforcer son statut de plateforme stratégique globale dédiée aux enjeux du numérique.

Dès l’ouverture de la conférence, tenue ce mardi à Rabat, les organisateurs ont insisté sur le rôle structurant de Gitex Africa dans un contexte international marqué par l’accélération des transformations numériques, notamment sous l’impulsion de l’intelligence artificielle. En introduction, il a été souligné que « la collaboration et la co-création sont aujourd’hui plus importantes que jamais pour bâtir une économie numérique africaine compétitive, inclusive, souveraine et durable ».

Une plateforme stratégique au cœur de l’écosystème numérique africain

Prenant la parole, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a affirmé que Gitex Africa Morocco « s’impose aujourd’hui comme le plus grand rendez-vous technologique du continent africain ». Elle a insisté sur le fait que l’événement « dépasse désormais le cadre d’un simple salon pour devenir une véritable plateforme stratégique mondiale où se rencontrent décideurs publics, investisseurs, entrepreneurs et innovateurs autour des grands enjeux du numérique ».

Selon la ministre, cette transformation qualitative traduit une évolution structurelle du rôle du Maroc dans l’économie numérique régionale. Gitex Africa constitue ainsi « un espace unique de dialogue, de coopération et de networking où se construisent des partenariats concrets et où émergent des solutions dans des domaines clés tels que l’intelligence artificielle, la cybersécurité, les infrastructures numériques, la fintech et les villes intelligentes ».

Les chiffres avancés confirment cette dynamique. L’édition 2026 devrait réunir plus de 1.450 entreprises exposantes et startups, plus de 400 investisseurs internationaux représentant plus de 350 milliards de dollars d’actifs, ainsi que plus de 50.000 participants issus de plus de 130 pays. Cette affluence internationale croissante, notamment en provenance du continent africain et des pays francophones, témoigne du rayonnement accru de l’événement et de son positionnement global.

Au-delà de sa dimension internationale, Gitex Africa est présenté comme un outil structurant pour l’écosystème numérique national. Amal El Fallah Seghrouchni a ainsi souligné que cet événement constitue « une vitrine stratégique de notre écosystème numérique, un levier d’attractivité pour les investissements et un accélérateur de croissance pour nos startups ».

Dans ce cadre, l’initiative « Morocco 300 » se veut illustrer la volonté de renforcer l’accompagnement des jeunes entreprises innovantes. Le programme vise à porter à 300 le nombre de startups soutenues cette année, soit une progression de 50% par rapport à l’édition précédente.

La ministre a également mis en avant des résultats concrets, évoquant notamment une levée de fonds de 15 millions de dollars réalisée récemment par une startup marocaine ayant bénéficié de la dynamique Gitex. « Cela confirme que cet événement est devenu une véritable plateforme de financement, d’accélération et d’internationalisation pour les entreprises innovantes marocaines », a-t-elle déclaré.

Une stratégie nationale articulée autour de la souveraineté numérique

Les annonces faites lors de la conférence s’inscrivent dans le cadre plus large de la stratégie « Maroc Digital 2030 » et de l’initiative « AI Made in Morocco », visant à positionner le Royaume comme un acteur de référence dans la production technologique.

Amal El Fallah Seghrouchni a insisté sur la volonté de « construire un modèle numérique souverain, inclusif et compétitif », en s’appuyant notamment sur la digitalisation de l’administration et le développement d’infrastructures technologiques avancées. Dans cette perspective, la transformation des services publics constitue un axe prioritaire, avec pour objectif d’améliorer leur accessibilité, leur qualité et leur efficacité.

Parallèlement, le lancement du réseau des instituts « Jazari » vise à structurer un écosystème national d’innovation en intelligence artificielle, fondé sur un modèle territorial et orienté vers la recherche appliquée. Ce dispositif doit favoriser les synergies entre universités, entreprises, administrations et startups, tout en renforçant la capacité du pays à développer des solutions technologiques adaptées à ses besoins.

La ministre a également mis en avant l’initiative « Digital for Sustainable Development » (D4SD), développée en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement, qui vise à promouvoir la coopération numérique Sud-Sud et le transfert de compétences entre pays africains et arabes.

De son côté, le directeur général de l’ADD, Amine El Mezouaghi, a souligné que Gitex Africa Morocco est devenu « un espace où les décisions stratégiques digitales sont prises, où des partenariats sont noués et où se dessinent les traits de l’économie digitale africaine ».

Il a insisté sur le rôle croissant du continent africain dans la redéfinition des équilibres numériques mondiaux, estimant que « l’Afrique s’impose actuellement comme un acteur stratégique qui redéfinit les dimensions de l’avenir du digital dans le monde ».

Cette dynamique se traduit notamment par une montée en puissance des investissements, des infrastructures et des compétences locales, mais aussi par une volonté affirmée de passer d’un rôle de consommateur de technologies à celui de producteur d’innovation.

La CEO de KAOUN International, Trixie LohMirmand, a pour sa part salué les avancées du Maroc en matière d’innovation et de transformation digitale. Elle a notamment mis en avant l’importance de l’initiative « AI Made in Morocco », déclarant que « lorsqu’un pays consomme l’intelligence artificielle, il est un marché ; lorsqu’il la crée, il devient une puissance ».

Elle a souligné que le Royaume s’oriente désormais vers la production, la propriété et l’exportation de ses propres modèles d’intelligence artificielle, ce qui constitue, selon elle, un changement de paradigme majeur.

Dans cette perspective, le développement des infrastructures, notamment les centres de données, occupe une place centrale. Le Maroc disposerait déjà de plus de 20 installations de data centers, avec une capacité appelée à croître significativement dans les années à venir. Cette évolution devrait favoriser le renforcement des compétences locales, l’attraction d’investissements et le développement de nouveaux partenariats internationaux.

Trixie LohMirmand a également insisté sur l’importance de la cybersécurité, dans un contexte mondial marqué par la montée des risques numériques. Elle a rappelé que ces risques représentent un enjeu global majeur, estimé à plusieurs milliards de dollars, tout en saluant la résilience des infrastructures marocaines et le positionnement du pays dans les classements internationaux.

Les organisateurs ont également mis en avant le rôle central des petites et moyennes entreprises dans l’économie marocaine, celles-ci représentant environ 90% du tissu économique et contribuant à hauteur de 40% à la production nationale. Dans ce contexte, Gitex Africa est présenté comme un outil essentiel de transfert de connaissances et de renforcement des capacités pour ces acteurs.

Plusieurs secteurs stratégiques seront particulièrement mis à l’honneur lors de cette édition, notamment l’intelligence artificielle, la cybersécurité, les infrastructures numériques, la mobilité et les technologies vertes. Des programmes spécifiques, tels que le « SME Growth and AI Program », visent à accompagner les entreprises dans leur transformation digitale et leur montée en compétences.

Par ailleurs, la dimension internationale de l’événement continue de s’élargir, avec la participation de nouveaux pays exposants, notamment issus d’Europe et d’Asie. Amal El Fallah Seghrouchni résume : « Notre ambition est claire : consolider le positionnement du Maroc en tant que hub régional de l’innovation, renforcer son attractivité pour les investissements numériques et affirmer son rôle dans la construction d’une souveraineté digitale africaine ».

Selim Benabdelkhalek

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