Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la bande de Gaza ont provoqué d’importants dégâts dans les camps accueillant les populations déplacées. Selon le bureau de presse du gouvernement contrôlé par le Hamas, environ 70.000 tentes ont été inondées dès la première journée de cette dépression météorologique, privant des dizaines de milliers de personnes d’un abri utilisable.
Les intempéries ont également entraîné l’effondrement de plusieurs dizaines de murs et de toitures déjà fragilisés, faisant des blessés, dont certains dans un état grave.
Dans le centre et le nord du territoire, ainsi que dans la ville de Gaza, des centaines de familles ont été contraintes de quitter leurs campements inondés pour chercher refuge ailleurs.
La Défense civile de Gaza a indiqué avoir reçu plus de 1.500 appels d’urgence durant la nuit. Son porte-parole a précisé que les équipes intervenaient avec des moyens extrêmement limités, ne disposant pas des équipements nécessaires pour répondre à l’ensemble des sollicitations.
L’organisme a lancé un appel aux organisations humanitaires et à la communauté internationale afin d’obtenir une assistance d’urgence.
Pour les familles déplacées, les inondations aggravent des conditions de vie déjà précaires. « Nous n’avons pas pu sauver les matelas et tous nos vêtements ont été trempés », a témoigné auprès de l’AFP Oum Mohamed al-Hersh, 45 ans, installée avec sa famille dans une tente à l’ouest de Gaza.
À Deir al-Balah, Maryam Odeh, 34 ans, s’inquiète également de l’absence de solutions d’hébergement pour ses enfants. D’autres déplacés redoutent les conséquences du froid et la propagation de maladies dans les campements inondés.
La coalition des organisations de la société civile palestinienne a alerté sur les risques sanitaires liés aux inondations et demandé un accès sans restriction de l’aide humanitaire au territoire.
L’Autorité palestinienne, basée à Ramallah, a également appelé la communauté internationale à prendre des mesures immédiates, estimant que la guerre menée par Israël avait considérablement aggravé les conditions de vie à Gaza.
Selon Mustapha Qazzaat, conseiller municipal de Gaza et responsable de la commission d’urgence, le territoire aurait besoin de 200.000 habitations préfabriquées pour répondre aux besoins d’hébergement.
Il affirme que les autorités israéliennes empêchent l’entrée de ces structures et limitent l’acheminement des tentes. Il demande également l’arrivée d’équipements destinés au déblaiement des décombres et au rétablissement des infrastructures essentielles, notamment l’électricité et le chauffage.
Avec AFP
