Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique présente vendredi à partir de quinze heures, devant les deux Chambres du Parlement réunies en séance commune, le projet de loi de finances pour 2027. Le texte, adopté en Conseil de gouvernement le 20 octobre et déposé le même jour, vise un déficit budgétaire ramené à 3% du produit intérieur brut.
La séance se tient au siège de la Chambre des représentants, à Rabat, dans le cadre prévu par l’article 68 de la Constitution pour les réunions conjointes des deux Chambres. Elle constitue la première échéance économique du gouvernement investi la veille.
Les orientations générales du projet ont été validées lors du Conseil des ministres du samedi 17 octobre, tenu au Palais Royal de Rabat sous la présidence de SM le Roi Mohammed VI, en présence du Prince héritier Moulay El Hassan. Le ministre y avait présenté les grandes lignes du texte.
Le cadrage macroéconomique retient une croissance de l’économie nationale de 4,7% à fin 2026 et une inflation contenue à 0,7%. Le déficit budgétaire serait ramené à 3% du produit intérieur brut.
Cinq priorités ont été arrêtées. La première porte sur le pouvoir d’achat et l’État social, avec une réforme structurelle des marchés et des politiques de prix à compter de 2027, la généralisation de la couverture médicale assortie d’une exigence de soutenabilité financière, la revalorisation de l’aide sociale directe, la mise à niveau de la santé et de l’enseignement publics et le programme d’aide directe au logement.
La deuxième est consacrée à la jeunesse, avec un programme national intégré pour la période 2027-2031 couvrant l’orientation, la formation, l’incubation, l’accès au financement, les garanties et l’accès aux marchés, destiné à se substituer à des programmes sectoriels dispersés.
La troisième concerne la régionalisation et le développement territorial, avec la réorganisation des compétences régionales, la contractualisation entre l’État et les régions, la mise en oeuvre de la charte de la déconcentration administrative et une enveloppe d’environ 25 milliards de dirhams pour les programmes de développement territorial intégré.
La quatrième érige la souveraineté en doctrine budgétaire, autour de la sécurité hydrique, de l’accélération des énergies renouvelables, du déploiement de l’offre marocaine pour l’hydrogène vert, de la feuille de route des infrastructures gazières, de la sécurité alimentaire et de la souveraineté numérique.
La cinquième porte sur l’économie et l’investissement, avec le financement des grands chantiers, de nouveaux écosystèmes industriels, le soutien à l’investissement privé par la charte de l’investissement et la réforme des centres régionaux d’investissement, l’appui aux très petites, petites et moyennes entreprises et le maintien de la discipline budgétaire.
Les montants relatifs à la dette, à la masse salariale, aux créations de postes budgétaires et au volume de l’investissement public n’avaient pas été publiés avant la séance. Ces données figurent dans les documents accompagnant le projet, dont l’examen en commission ouvrira la procédure parlementaire.
LNT