FINN Partners publie son rapport 2026 sur les tendances des médias de santé en Afrique
Le journalisme de santé en Afrique traverse une période critique, marquée par des pressions financières croissantes et un contexte sanitaire de plus en plus complexe. C’est le principal constat du Rapport 2026 sur les tendances des médias de santé en Afrique, publié par FINN Partners .
Présenté comme un appel à l’action, le rapport alerte sur un véritable « code rouge » pour le journalisme de santé. Il souligne que la réduction des financements des donateurs, la montée des maladies non transmissibles – telles que le cancer, le diabète ou les troubles de santé mentale – ainsi que la récurrence des flambées épidémiques et l’impact croissant du changement climatique créent un environnement particulièrement contraint pour les rédactions africaines .
Fondé sur les contributions de journalistes, rédacteurs et experts issus de 11 pays africains, le document offre une analyse ancrée dans les réalités du terrain, mettant en évidence les difficultés d’accès aux données fiables, la réduction des services spécialisés et l’érosion du modèle économique du journalisme scientifique .
Le résumé exécutif du rapport met en lumière une « tempête parfaite » résultant des évolutions du financement mondial de la santé . Les coupes budgétaires opérées par plusieurs pays donateurs, notamment les États-Unis et certains pays européens, ont un impact direct sur les services liés au VIH, au paludisme et à la santé maternelle en Afrique .
Le retrait récent des États-Unis de certaines initiatives internationales et la réduction significative des programmes de l’USAID ont accentué la pression sur les systèmes de santé africains . Dans le même temps, si la Russie et la Chine ont accru leurs contributions, celles-ci restent limitées au regard des budgets antérieurement mobilisés par les partenaires occidentaux .
Ces changements redéfinissent le récit médiatique dominant : la souveraineté sanitaire, le financement domestique et la production locale deviennent des thèmes centraux de la couverture santé, que les journalistes s’efforcent de traduire en impacts concrets pour les populations .
Le rapport souligne également que la progression rapide de l’intelligence artificielle générative et la diffusion directe d’informations en santé via les réseaux sociaux fragilisent les mécanismes traditionnels de vérification journalistique . Cette évolution accroît le risque de désinformation, au moment même où la confiance du public dans la science et les institutions de santé demeure essentielle.
Ben Deighton, président de la Fédération mondiale des journalistes scientifiques, cité dans le rapport, évoque une situation « très dangereuse » caractérisée par une interconnexion mondiale accrue et un risque élevé de nouvelles pandémies, alors que les moyens de préparation diminuent .
Parallèlement, l’Afrique est présentée comme un pôle d’innovation croissant en matière de santé numérique et d’intelligence artificielle, avec des initiatives en télémédecine, en surveillance des maladies et en logistique médicale qui influencent désormais les modèles mondiaux .
Malgré ces contraintes, le rapport identifie une évolution positive vers un journalisme de santé plus professionnalisé, fondé sur les données et orienté vers les solutions . Les journalistes africains cherchent de plus en plus à contextualiser les enjeux globaux et à mettre en avant l’expertise locale.
Peter Finn, associé fondateur et PDG de FINN Partners, affirme que des systèmes de santé performants reposent sur des écosystèmes médiatiques solides, invitant à considérer les journalistes comme des partenaires essentiels de la santé publique . Le rapport insiste ainsi sur la nécessité de citer davantage les experts africains comme sources faisant autorité et de renforcer l’accès aux données et aux ressources pour l’investigation.
En conclusion, le Rapport 2026 appelle gouvernements, ONG, bailleurs de fonds et secteur privé à investir dans le journalisme local, à améliorer l’accès aux données et à construire des partenariats durables fondés sur la confiance avec les médias .
Selon ses auteurs, un écosystème médiatique robuste ne constitue pas un simple atout, mais une condition indispensable à l’amélioration des résultats de santé publique.
LNT
