Culture

Festival du Film de Tétouan: Hommage à Saad Chraïbi

le 25 mars 2013


Le Festival international du cinéma méditerranéen de Tétouan (FICM) a tenu à mettre à l’honneur, dans sa 19-ème édition, un doyen de la cinématographie marocaine qui a marqué durablement et profondément le 7-ème art, Saâd Chraïbi.

Des témoignages éloquents et des hommages émus à l’endroit de ce grand réalisateur se sont multipliés, dimanche, lors d’une rencontre dédiée au parcours cinématographique de Saâd Chraïbi tenue en marge des activités du FICM en présence d’imminent universitaires et critiques du cinéma et des personnalités du monde de la culture.

Metteur en scène, cinéaste, intellectuel et militant politique, Saâd Chraïbi, a forgé, tout au long de son parcours riche en contributions cinématographiques, une carrière remarquable, maniant subtilement réalisme et fiction dans ses productions.

Ce natif de Fès est un homme en quête de la sagesse, qui, au fil des années, a nourrit une passion fougue aux grandes questions existentielles notamment l’humanisme dans tous ses états, le bonheur, le temps et la souffrance et tente de les exprimer à travers des œuvres qui interpellent le spectateur sur la réflexion et la contemplation.

C’est avec beaucoup d’émotions, d’estime et d’amour que la journaliste Sabah Bendaoud, les critiques du cinéma, Hamadi Ghiyoum et Khalil Damoun ont rendu un vibrant hommage à l’expérience cinématographique de ce cinéaste qui a balisé le chemin pour les nouvelles générations du cinéma marocain.

Avec près de vingt productions, Chraïbi a parfaitement approché plusieurs facettes du 7-ème art en évoquant des sujets sensibles de manière profonde et professionnelle, ont-ils estimé, notant qu’il a excellé dans ce domaine où il dit tout en images. Chraïbi, ont-ils ajouté, a su marquer sa présence par des long-métrages qui ont eu un franc succès (Femmes-femmes, Soif et autres) et partant contribuer au changement serein de la société marocaine.

Les films de Saâd Chraïbi, qui sont à la fois un hommage à la femme et une reconnaissance à son rôle primordial au sein de la société, reflètent amplement son honnêteté et son désir ardent de contribuer au changement positif de la réalité et à la promotion des valeurs humaines, de la solidarité et de la fraternité, ont-ils assuré.

Ses personnages, ont poursuivi les différents intervenants, expriment l’interaction entre la réalité et la fiction suivant un référentiel issu de la société marocaine.

Pour Saâd Chraïbi, cette rencontre, qui jette la lumière sur son itinéraire et son parcours artistique, lui insuffle plus de confiance, l’investit d’une grande responsabilité et l’incite à faire preuve de plus de rigueur, de créativité et de professionnalisme et lui donne confiance en l’avenir du cinéma marocain.

Sur les changements qui marquent actuellement le secteur audiovisuel, Chraïbi a souligné que l’adoption de nouveaux cahiers des charges et de textes législatifs encadrant le domaine du cinéma constitue une « mutation positive » et un « acquis important » pour les années à venir afin de mettre un terme au flou et aux ambiguïtés qui entourent les pratiques cinématographiques et de contribuer à l’harmonisation des relations des différentes acteurs actifs dans ce domaine.

Relevant la problématique des salles de cinéma au Maroc dont le nombre de ne cesse de réduire alors que les productions sont en augmentation (20 long-métrages et 80 court-métrages par an), il a appelé à œuvrer ensemble (professionnels du secteur et institutions) pour la mise en place d’un arsenal juridique qui protège ces infrastructures culturelles en vue d’être en phase avec la mutation que connait le cinéma marocain.
Après des études en médecine (1968-1970) à la Faculté de médecine de Casablanca, Saâd Chraïbi débute sa carrière artistique dans les années 70. Membre de la Fédération Nationale des cinéclubs du Maroc dans les années 70, Saâd Chraïbi rejoint par la suite les metteurs en scène du collectif «Les cendres du clos». Après avoir travaillé pour le court métrage Les Cents jours de la Mamounia, il se lance en 1984 dans l’écriture de son premier long métrage, «Chronique d’une vie normale», qui ne sortira finalement que sept ans plus tard, faute de financement.
Il réalise une trilogie dédiée à la femme « Femmes et femmes », « Jawhara, fille de prison », et « Femmes en miroir » mais aussi « Islamour » et « Soif  » et plusieurs documentaires.

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