Culture

Festival d’Essaouira, le Maâlem El Kasri concilie le nord et le sud

le 16 mai 2016


Le maâlem Hamid El Kasri a gratifié le public d’un florilège de ses plus belles chansons puisées dans un répertoire riche et diversifié conciliant les rythmes gnaouies du Nord et du Sud du Maroc, le temps d’une soirée animée, samedi soir à la Place Moulay El Hassan, dans le cadre de la 19ème édition du Festival Gnaoua et musiques du monde d’Essaouira (12/15 mai). Muni de son guembri, cet artiste a fait vibrer le public venu nombreux, bravant le vent froid et violent de la Cité des Alizés, suivre un concert qui a tenu toutes ses promesses avec des moments forts et une soirée haute en couleurs et en émotions.

Selon des critiques d’art, le Maâlem Hamid El Kasri est sûrement celui qui aura donné un coup de jeune à la musique gnaouie et qui s’est le plus internationalisé.

Né à Ksar El Kébir en 1961, il est formé par les maâlems Alouane et Abdelouahed Stitou dès son jeune âge. Il a été bercé par cette musique et cet art dès sa tendre enfance sous l’influence du mari de sa grand-mère.

En 2004, Hamid El Kasri avait crée l’événement avec Joe Zawinul, l’illustre pianiste autrichien, en présentant une des fusions les plus marquantes du Festival.

Le public avait rendez-vous sur la scène de la Plage avec un nom qui résonne dans la famille des Gnaoua et connu dans le milieu, Mustapha Baqbou, qui a grandi dans une zaouia gnaouie où son père, le Maâlem El Ayachi Baqbou l’a initié très tôt à l’art de « tagnaouite ». Mustapha Baqbou, qui a rejoint le célèbre groupe Jil Jilala, a participé au mouvement musical « folk » des années 70. Un hommage lui sera rendu dimanche et, à travers lui, à toute la famille Baqbou, des mordus de « tagnaouite ».

La 19ème édition du Festival Gnaoua et musiques du monde investit les espaces les plus emblématiques de la ville, comme la Place Moulay El Hassan, la plage, en plus de la terrasse du Borj Bab Marrakech, Dar Loubane, Bab Doukkala et Zaouia Issaoua. Les organisateurs ont fait montre d’audace dans la concrétisation de l’esprit du festival, en allant chercher des musiques et des cultures aussi lointaines que différentes pour les inviter à fusionner avec la musique gnaouie. Ce festival défend l’ancrage africain du Maroc à travers cette culture. Et c’est précisément à ce titre qu’avec le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), les organisateurs consacrent un forum à l’Afrique pour la 3ème année consécutive.

Pour cette année, le festival propose encore une programmation jazz et world music de grande facture pour les mélomanes et les centaines de milliers de fidèles de ce rendez-vous à l’ambiance unique.

LNT avec MAP