Le Palais royal espagnol a annoncé un déplacement du roi Felipe VI et de la reine Letizia dans les deux présides occupés, premier voyage d’un souverain espagnol dans ces territoires depuis celui de Juan Carlos en 2007.
Le précédent avait provoqué une crise diplomatique entre Rabat et Madrid, le Maroc ayant rappelé son ambassadeur et des manifestations s’étant tenues dans plusieurs villes du Royaume. Le Maroc considère Sebta et Melilla comme parties intégrantes de son territoire national et revendique leur rétrocession, dossier que les deux pays ont jusqu’ici tenu à l’écart de leur agenda bilatéral.
Le président du Comité de libération de Sebta, Melilla et des îles avoisinantes, Yahya Yahya, a qualifié ce déplacement de « visite de la honte » et y a vu une manœuvre d’escalade. Il a appelé à des rassemblements strictement pacifiques dans les régions faisant face aux présides, les 13 et 14 octobre, pour exprimer l’attachement à l’intégrité territoriale du Royaume.
Aucune réaction officielle n’a été exprimée à ce stade par le ministère des Affaires étrangères.
L’annonce intervient dans un contexte bilatéral tendu par la crise migratoire. Plus de 10 000 personnes demeureraient présentes à Sebta depuis l’afflux des 30 et 31 juillet, Madrid prépare un décret-loi raccourcissant les procédures d’éloignement, et un rapport d’Amnesty International mettant en cause des militaires espagnols pour des violences sur des migrants a été transmis cette semaine à la justice espagnole. Le président français, en visite d’État à Madrid, avait par ailleurs apporté mercredi son soutien à l’Espagne sur ce dossier.
LNT