Culture

Exposition : Nabil Ayouch dévoile ses premières photographies

le 7 mars 2015


La galerie 38 accueille du 19 Mars au 19 Avril 2015, la première exposition de photographies de Nabil Ayouch. Certains de ces clichés ont été montrés au musée du Louvre à Paris, lors de la carte blanche octroyée à Nabil Ayouch en novembre dernier.

Réalisateur de renom, Nabil Ayouch, dont les films sont un véritable miroir de la réalité marocaine, celle que d’aucuns préfèrent ignorer, poursuit ainsi son travail de «réalisateur engagé», puisant ses sujets dans la société. Il troque ainsi l’objectif de la caméra contre un autre objectif celui d’un appareil photo. Cette fois, et comme à l’accoutumée, loin du monde bling-bing, des bourgeois casablancais, le réalisateur de Ali Zaoui, nous amène dans un périple dans l’univers des «marginaux». Un monde auquel on daigne à peine lancer un regard furtif, quand on y est en forcé.

Pris durant le mois de ramadan 2013, lors de cette heure particulière qui précède et suit le ftour, les clichés réalisés par Nabil Ayouch ont capté l’attente, telle qu’elle s’exprime, sous toutes ses formes, au cœur de l’âme humaine.

En effet, Nabil Ayouch, qui connait si bien le monde des enfants de la rue, pour s’y être intéressé de très près, avec son film Ali Zaoua, a lui un regard différent sur cette catégorie de la société. A travers ces photographies, il a voulu partager ce regard avec tous les Marocains, en démontrant des visages, ce sont des vies, des histoires, des destinées… qu’il porte à notre regard. C’est un questionnement de la société sur ces êtres, qui ont font partie sans vraiment en faire. « Ce n’est pas du rêve qu’on demande. Ce n’est pas de la curiosité, ni de la pitié qu’on veut voir naitre. Simplement la vérité, comme une vengeance. L’espoir, si cela se peut. Ou bien la vie, la commune vie »,  dixit J.M.G LeClézio, Prix Nobel de littérature, à propos des clichés du réalisateur marocain.

Quant à Moulim EL Aroussi, écrivain et critique d’art, il estime que dans ce travail «l’écriture photographique rencontre la narration filmique: des plongées et contre plongées, des cadrages serrés, sur des situations insolites ou encore des relations particulières avec des portraits d’enfants essentiellement, où les sujets forcent l’admiration de l’artiste.»

En effet, cette exposition qu’on pourrait interpréter comme un appel à la société, est troublante. Les visages des enfants, très présents dans ce travail, ne laissent pas indifférents.  On est partagé entre espoir et désespoir, entre ombre et lumière,  entre surface et profondeur. En somme, une exposition inédite à découvrir à la galerie 38 dès le 19 mars.

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