Les États-Unis et l’Iran ont échangé lundi leurs premières frappes directes depuis un mois, mettant fin à une période d’accalmie relative dans un conflit entré dans son septième mois. Washington affirme avoir visé des lanceurs iraniens dans le détroit d’Ormuz, tandis que Téhéran dit avoir riposté contre des installations militaires américaines en Jordanie et aux Émirats arabes unis. Cette nouvelle escalade a immédiatement ravivé les inquiétudes sur les approvisionnements énergétiques, faisant repasser le Brent au-dessus de 90 dollars le baril.
Après plusieurs semaines de relative accalmie, les tensions militaires ont repris entre Washington et Téhéran. L’Iran a affirmé lundi avoir attaqué des cibles militaires américaines en Jordanie et aux Émirats arabes unis, présentant ces opérations comme une réponse aux bombardements menés quelques heures auparavant par les États-Unis.
Cette reprise des frappes intervient alors que les négociations destinées à mettre fin au conflit restent dans l’impasse et que l’administration de Donald Trump avait récemment mis en avant sa volonté de privilégier la pression économique sur l’Iran.
Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), les forces américaines ont frappé deux lanceurs iraniens sur l’île de Larak, située dans le détroit d’Ormuz.
Le porte-parole du Centcom, Tim Hawkins, a expliqué que l’opération avait été déclenchée après l’observation de membres des Gardiens de la Révolution qui se préparaient, selon Washington, à lancer des roquettes chargées de mines marines.
L’agence iranienne Tasnim a fait état de deux morts et deux blessés dans ces frappes.
Les dernières attaques américaines contre des positions iraniennes remontaient à la fin juillet. Elles avaient alors été présentées par Washington comme une réponse à des opérations iraniennes.
Les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir répondu aux frappes américaines en utilisant des missiles balistiques et des drones contre des installations militaires américaines situées sur deux bases aériennes en Jordanie.
L’armée jordanienne a indiqué avoir intercepté huit missiles ayant pénétré dans son espace aérien, sans préciser leur provenance.
Téhéran affirme également avoir lancé des drones contre une base située aux Émirats arabes unis « où des hélicoptères et troupes américains sont stationnés ». Les autorités émiraties ont indiqué avoir « réagi » à un drone provenant d’Iran et détecté au-dessus de leurs eaux territoriales.
Les autorités iraniennes ont par ailleurs affirmé avoir abattu un drone américain dans le détroit d’Ormuz. L’armée américaine n’a pas immédiatement commenté ces différentes revendications.
La diplomatie iranienne a présenté les opérations menées lundi comme relevant du « droit à la légitime défense ».
Cette nouvelle séquence militaire replace le détroit d’Ormuz au premier plan. Avant le conflit, environ un cinquième des hydrocarbures mondiaux transitait habituellement par cette voie maritime stratégique.
Depuis le déclenchement de la guerre, le 28 février, à la suite d’une offensive israélo-américaine contre l’Iran, Téhéran maintient le passage largement fermé.
Les États-Unis ont, de leur côté, imposé un blocus aux ports iraniens et affirment vouloir garantir la libre circulation du commerce international. Le Centcom assure notamment avoir achevé des opérations de déminage des voies de navigation internationales.
Lundi, les Gardiens de la Révolution ont toutefois affirmé qu’un « superpétrolier voyou » avait heurté deux mines navales alors qu’il tentait, selon eux, de franchir illégalement le détroit. L’incident aurait provoqué un incendie à bord du navire.
La reprise des hostilités a rapidement affecté les marchés énergétiques. Le Brent, référence internationale du pétrole, est remonté au-dessus du seuil de 90 dollars le baril après l’annonce des frappes.
Cette réaction traduit les inquiétudes persistantes concernant les risques pesant sur l’approvisionnement mondial en hydrocarbures, alors que le détroit d’Ormuz demeure largement inaccessible et que les tensions touchent plusieurs axes stratégiques du Moyen-Orient.
La situation contraste avec les espoirs de détente apparus au cours des dernières semaines, lorsque la diminution des affrontements avait contribué au reflux des cours pétroliers.
Sur le terrain diplomatique, aucun compromis n’a jusqu’ici permis de mettre durablement fin aux hostilités. Le protocole d’accord conclu en juin entre les États-Unis et l’Iran avait ouvert une période de détente, avant que le processus ne s’effondre le mois suivant.
« Nous ne cherchons pas la guerre. Cependant, face à toute agression, nous ne resterons jamais les bras croisés », a déclaré lundi le président iranien Massoud Pezeshkian avant son départ pour le Kirghizstan.
Il doit y participer à un sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, en présence notamment du président chinois Xi Jinping, de son homologue russe Vladimir Poutine et du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif. Le Pakistan joue un rôle de médiateur dans le conflit.
Malgré la reprise des frappes, l’administration Trump continue de renforcer son dispositif de sanctions contre l’Iran. Washington avait récemment annoncé vouloir privilégier une « guerre économique », dans un contexte politique américain marqué par l’approche des élections de mi-mandat.
De nouvelles sanctions dites « secondaires » ont ainsi été présentées. Elles ciblent les partenaires commerciaux de l’Iran dans plusieurs secteurs, notamment l’or, les technologies, les actifs numériques, l’aviation et le transport maritime.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, doit parallèlement réunir lundi et mardi aux États-Unis ses homologues des pays du G20. La Chine, principal partenaire économique de Téhéran, a déjà indiqué qu’elle entendait défendre ses intérêts et maintenir sa coopération avec l’Iran.
LNT avec AFP
