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États-Unis : des déclarations anti-musulmanes de responsables républicains suscitent des critiques

États-Unis : des déclarations anti-musulmanes de responsables républicains suscitent des critiques

Par LNT
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Plusieurs responsables du Parti républicain aux États-Unis ont récemment tenu des propos jugés hostiles aux musulmans, suscitant de vives réactions dans les rangs de l’opposition démocrate et relançant le débat sur les discours visant les minorités religieuses dans le contexte de la guerre contre l’Iran.

Les déclarations du député républicain de Floride Randy Fine ont particulièrement retenu l’attention. Dans un message publié sur le réseau social X, l’élu a affirmé que « la peur de l’islam est rationnelle » et a ajouté qu’il fallait « plus d’islamophobie, pas moins ».

Ces propos ont été publiés le jour même de deux attaques distinctes survenues aux États-Unis, dont l’une visait une synagogue dans l’État du Michigan, qualifiée par la police d’acte de violence ciblé contre la communauté juive, et l’autre sur un campus universitaire en Virginie, que le FBI a décrit comme un acte de terrorisme.

Dans un autre message, Randy Fine a établi un lien entre ces attaques et l’islam, déclarant : « Deux attaques terroristes musulmanes aujourd’hui, deux États différents, un même nom, Mohammed. Ça suffit ».

Le député s’était déjà illustré par des déclarations controversées sur l’islam. En février, il avait notamment affirmé que « entre les chiens et les musulmans, le choix n’est pas difficile ».

Réactions dans le camp démocrate

Ces propos ont suscité de nombreuses critiques parmi les élus démocrates au Congrès.

Le représentant Josh Gottheimer a réagi sur le réseau social X en interpellant Randy Fine, estimant qu’« après une journée comme aujourd’hui, on a besoin d’unité, pas de davantage de haine et de division ».

Le député Mark Pocan a également dénoncé les déclarations de son collègue républicain, estimant qu’elles étaient incompatibles avec les responsabilités d’un élu.

D’autres déclarations controversées

Les propos de Randy Fine s’inscrivent dans un climat plus large marqué par des déclarations controversées de plusieurs responsables républicains ces dernières semaines, notamment depuis le début de la guerre contre l’Iran.

Le sénateur Tommy Tuberville, candidat au poste de gouverneur de l’Alabama, a ainsi affirmé sur le réseau social X que « l’ennemi est déjà à l’intérieur des murs », en réaction à une publication évoquant à la fois les attentats du 11 septembre 2001 et l’élection du nouveau maire musulman de New York, Zohran Mamdani.

De son côté, le député du Tennessee Andy Ogles a déclaré que « les musulmans n’ont pas leur place dans la société américaine ». L’élu a également annoncé son intention de déposer une proposition de loi visant à interdire l’entrée aux États-Unis aux ressortissants de plusieurs pays à majorité musulmane.

Même si cette initiative a peu de chances d’aboutir au Congrès, elle reflète selon plusieurs observateurs un durcissement des positions au sein d’une partie du Parti républicain.

Une rhétorique de plus en plus visible

Selon une analyse publiée par le Washington Post, plus de 100 élus républicains du Congrès ont publié depuis le début de l’année des messages sur les réseaux sociaux concernant l’islam ou les musulmans, la majorité d’entre eux étant de nature négative.

L’organisation américaine Center for the Study of Organized Hate (CSOH) estime également que les contenus visant les musulmans ont augmenté de manière significative sur les réseaux sociaux depuis le début de l’année 2026.

Selon cet organisme, le déclenchement de la guerre contre l’Iran par les États-Unis et Israël aurait contribué à accentuer cette tendance.

Le CSOH considère que certains responsables politiques et membres de l’administration américaine ont utilisé une rhétorique présentant le conflit en termes religieux, ce qui pourrait contribuer à alimenter les tensions.

L’organisation cite notamment des déclarations du secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth, qui a affirmé début mars que le régime iranien était « déterminé à poursuivre des délires islamiques prophétiques ».

Peu de réactions dans la majorité républicaine

Malgré les critiques exprimées par plusieurs responsables politiques et organisations, ces déclarations ne devraient pas entraîner de sanctions au sein de la direction républicaine du Congrès.

Interrogé lors d’une conférence de presse sur les propos du député Andy Ogles, le président républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson, s’est limité à indiquer qu’il s’agissait de « termes différents de ceux que j’aurais utilisés », sans condamner explicitement les déclarations de son collègue.

LNT avec AFP

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