État de l’Union : von der Leyen fixe à octobre l’échéance d’un rééquilibrage commercial avec la Chine

Par LNT
État de l’Union Ursula von der Leyen

Ursula von der Leyen a prononcé ce mercredi devant le Parlement européen réuni à Strasbourg son discours annuel sur l’état de l’Union, articulé autour de l’adaptation climatique, de la compétitivité, de l’intelligence artificielle et du rééquilibrage commercial avec la Chine.

Sur le climat, la présidente de la Commission a annoncé un plan européen canicule et une alliance pour l’assurance climatique, au terme d’un été marqué par les incendies et les vagues de chaleur. Un cadre de résilience climatique doit permettre d’évaluer les risques dans cent territoires européens identifiés comme vulnérables. L’orientation traduit un déplacement d’accent, de l’atténuation vers l’adaptation, qui structure désormais une part croissante de la dépense publique climatique.

Sur l’intelligence artificielle, elle a appelé à ralentir le développement des modèles de frontière en invoquant des risques de sécurité, relevant que « les dirigeants des entreprises les plus avancées nous disent qu’il est temps de ralentir », et a annoncé une coordination avec des partenaires partageant cette approche. La formulation marque une inflexion par rapport au discours européen des dernières années, davantage centré sur le retard d’investissement.

Sur l’économie, la présidente a mis en avant la mise en œuvre des rapports Draghi et Letta pour réduire la fragmentation du marché unique, plaidé pour une réforme du secteur bancaire et pour une union de l’épargne et de l’investissement destinée à faciliter l’accès des entreprises aux capitaux. Elle a également soutenu la nécessité de nouvelles ressources propres pour financer le budget pluriannuel 2028-2034, question sur laquelle les États membres restent divisés.

Le passage le plus offensif a porté sur la Chine. Évoquant un déficit commercial d’un milliard d’euros par jour, elle a averti que « les mots, c’est bien, mais les actes, c’est mieux », en fixant une échéance d’octobre au-delà de laquelle l’Union utiliserait l’ensemble de ses instruments de défense commerciale. Sur la défense, elle a relevé une hausse de 80% des dépenses européennes en cinq ans.

Un pacte européen du soin a enfin été annoncé pour répondre au vieillissement démographique, la présidente affirmant que « le soin n’est pas un privilège. Le logement n’est pas un privilège. Ce sont des droits ».

Pour les partenaires méditerranéens, dont le Royaume, deux annonces méritent attention : le durcissement annoncé des instruments de défense commerciale, qui façonne l’environnement des exportations vers l’Union, et la révision des règles applicables au contenu industriel, actuellement débattue au Parlement.

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