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Conjoncture : la confiance des ménages en nette amélioration, mais l’épargne sous pression

Conjoncture : la confiance des ménages en nette amélioration, mais l’épargne sous pression

Par LNT
HCP3

L’Indice de Confiance des Ménages (ICM) a enregistré une amélioration notable au premier trimestre 2026, traduisant un léger redressement du moral des ménages marocains, bien que leurs perceptions de la situation économique et sociale demeurent globalement marquées par le pessimisme.

Selon la note d’information publiée par le Haut-commissariat au Plan, l’ICM s’est établi à 64,4 points au premier trimestre de l’année, contre 57,6 points au trimestre précédent et 46,6 points à la même période en 2025, confirmant une tendance à l’amélioration sur un an .

Une amélioration relative du sentiment des ménages

Cette progression de l’indice reflète une évolution positive de plusieurs composantes, notamment celles liées aux anticipations économiques et à la situation financière des ménages. Toutefois, malgré cette amélioration, les principaux indicateurs restent orientés en territoire négatif, traduisant une perception encore défavorable de la conjoncture.

Ainsi, une large majorité des ménages, soit 75,1 %, estime que le niveau de vie s’est dégradé au cours des douze derniers mois, contre seulement 5,8 % qui évoquent une amélioration. Le solde d’opinion relatif à cette évolution, bien qu’en progression, demeure négatif à -69,3 points.

Les perspectives à court terme s’inscrivent dans la même dynamique. Si le solde d’opinion relatif à l’évolution future du niveau de vie s’améliore, passant à -28,8 points, près de 45,1 % des ménages anticipent néanmoins une dégradation au cours des douze prochains mois.

Des perceptions moins pessimistes sur le chômage

L’un des signaux d’amélioration concerne les anticipations liées au marché du travail. Au premier trimestre 2026, 57,9 % des ménages s’attendent à une hausse du chômage, contre 23,2 % qui anticipent une baisse. Le solde d’opinion, bien que toujours négatif, s’améliore sensiblement à -34,7 points, contre -47,7 points au trimestre précédent et -73,4 points un an auparavant .

Cette évolution traduit une atténuation relative du pessimisme, sans pour autant signaler un retournement complet des attentes des ménages.

Une consommation encore contrainte

En matière de consommation, les perceptions restent globalement défavorables. Près de 66,9 % des ménages considèrent que le moment n’est pas opportun pour effectuer des achats de biens durables, contre seulement 15,9 % qui jugent le contexte favorable. Le solde d’opinion associé, bien qu’en légère amélioration, reste négatif à -51,0 points.

Ce constat reflète une prudence persistante des ménages, dans un contexte marqué par des incertitudes économiques et une pression continue sur le pouvoir d’achat.

Une situation financière en amélioration progressive

S’agissant de la situation financière, les résultats font apparaître des signes d’amélioration relative. Environ 59,9 % des ménages déclarent que leurs revenus couvrent leurs dépenses, tandis que 37,5 % indiquent devoir s’endetter ou puiser dans leur épargne.

Le solde d’opinion relatif à la situation financière actuelle demeure négatif à -35,0 points, mais s’améliore par rapport aux périodes précédentes. De même, les perceptions concernant l’évolution future de la situation financière affichent un retournement notable, avec un solde redevenu positif à 5,8 points, traduisant des anticipations plus favorables.

Une capacité d’épargne toujours limitée

Malgré cette amélioration relative, la capacité d’épargne reste très contrainte. Seuls 12,1 % des ménages déclarent envisager d’épargner au cours des douze prochains mois, contre 87,8 % qui ne s’y attendent pas. Le solde d’opinion correspondant demeure fortement négatif, à -75,7 points.

Ce niveau souligne la fragilité persistante des marges financières des ménages, malgré une perception légèrement moins défavorable de leur situation.

Une inflation alimentaire toujours fortement ressentie

La question des prix des produits alimentaires continue de peser lourdement sur le moral des ménages. Au premier trimestre 2026, 93,3 % des ménages estiment que les prix ont augmenté au cours des douze derniers mois, confirmant la prégnance du phénomène inflationniste dans les perceptions.

Les anticipations restent également orientées à la hausse, avec 78,9 % des ménages s’attendant à une poursuite de l’augmentation des prix dans les mois à venir. Les soldes d’opinion associés demeurent ainsi fortement négatifs, traduisant une inquiétude persistante quant à l’évolution du coût de la vie .

LNT

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