À l’occasion de la 17e édition du Marathon de Casablanca, prévue le 25 octobre, Bouchta El Fadel, président de l’Association des coureurs du Grand Casablanca (ACGC), revient sur les évolutions organisationnelles de l’événement et les ambitions de ses organisateurs.
La Nouvelle Tribune : L’édition 2026 est la deuxième organisée sous l’égide de l’ACGC. Quels sont les motivations derrière votre implication, et quels changements avez-vous introduits dans la gouvernance et l’organisation de l’événement depuis votre prise en charge ?
Bouchta El Fadel : Notre implication pour l’organisation du marathon de Casablanca est motivée par une conviction, à savoir que Casa doit mériter et a le droit d’avoir un marathon à la hauteur de son statut de capital économique de pays. En effet, c’est une ville dynamique, en mouvement, pleine d’énergie et elle est ouverte à l’international. Le marathon doit rester, doit refléter cette attractivité de la ville.
Depuis que l’Association des Coureurs du Grand Casablanca a pris en charge l’organisation du marathon, nous avons totalement et d’une manière consciente fait progresser la structuration de l’événement, de faire appliquer de manières nouvelles et de la bonne gouvernance de gestion à travers l’identification des responsabilités, la mise en place d’un travail à la fois par commission et à la fois d’équipe. Nous avons surtout insisté que la gouvernance doit être moderne, transparente et à l’écoute de ce qui se passe à l’international. Aussi, nous avons développé un vrai partenariat avec les autorités, les acteurs privés et publics, les associations et tous les acteurs qui peuvent favoriser le développement du marathon de Casablanca.
Le marathon a obtenu le Label Élite de World Athletics et figure désormais au calendrier international des courses sur route. Que représente concrètement cette reconnaissance pour Casablanca et quelles nouvelles exigences impose-t-elle aux organisateurs ?
L’obtention du label Elite Marathon du World Athletic et l’inscription au calendrier international de la course à pied représente effectivement une vraie reconnaissance du travail accompli. Aussi, cela contribue au rayonnement à l’international du marathon et de la ville de Casablanca. Mais cette reconnaissance implique aussi la prise en compte des responsabilités accrues et des exigences bien définies par le World Athletic, à savoir le respect des standards internationaux en matière d’accueil des coureurs, des chronométrages, d’antidopage, l’expérience du coureur et à travers surtout l’invitation des grands noms de la course à pied au Maroc.
Au-delà de la compétition sportive, quel rôle voyez-vous pour le marathon dans le rayonnement et l’attractivité de Casablanca ?
Le marathon de Casablanca, à part le fait que c’est une compétition sportive, c’est une vraie vitrine de la ville, de son rayonnement et de son ouverture à l’étranger. Le rayonnement de la ville viendra à travers la mobilisation de tous les acteurs économiques, des bénévoles, des associations et de l’ensemble des autorités. Le marathon veut inviter tout le monde à faire découvrir Casablanca autrement.
On veut surtout faire le point et la mise en valeur des lieux emblématiques de Casa. On veut aussi contribuer aux retombées économiques et touristiques de la ville et ce à travers l’implication et la mobilisation de tous les partenaires et les acteurs locaux sur un seul projet, à savoir le marathon de Casablanca. Nous assistons ces dernières années à un vrai engouement pour la course à pied au Maroc.
La course à pied connaît un intérêt croissant au Maroc. Comment analysez-vous cette évolution et quel rôle les grands événements comme le Casablanca Marathon peuvent-ils jouer dans la démocratisation de cette discipline ?
Cela est dû essentiellement à l’organisation de plusieurs courses, à la prise en conscience d’une manière croissante des bienfaits du sport, à la constitution de plusieurs groupes de coureurs et surtout à la mobilisation de tous les acteurs de la ville. Pour le grand public, nous voulons surtout que ce marathon soit une grande fête qui contribue au rayonnement de la ville à travers la participation de tout le monde, que ce soit coureur élite ou bien amateur, que ce soit bénévole. Nous voulons surtout que tous les Casablancais viennent participer, encourager et fêter ce grand événement sportif, car au-delà du sport, ce sera aussi une grande manifestation en termes d’animation diversifiée qui reflète toute la culture de Casa, du Maroc, et aussi en tenant compte des variantes étrangères.
L’ACGC affiche un objectif de 20.000 participants à l’horizon 2030. Quels sont les principaux leviers qui doivent permettre d’atteindre ce seuil ?
L’objectif d’atteindre d’ici 5 ans 20 000 participants est un objectif ambitieux, mais il reste réaliste si nous continuons notre travail, à savoir faire progresser le marathon d’une manière structurante et processive et respectant tous les standards internationaux. Cet objectif, on peut l’atteindre surtout par une vraie communication large, que ce soit nationale et internationale, et à travers la mobilisation de tous les intervenants, que ce soit les autorités, les partenaires, les associations, les bénévoles. Mais au-delà de l’objectif d’atteindre, il faut toujours garder l’essentiel, à savoir la sécurité, à savoir la crédibilité du marathon, surtout sur le plan sportif.
Propos recueillis par Selim Benabdelkhalek
