M. Aziz Rebbah, ministre de l’Enérgie, des Mines et du Développement Durable

Économie et Finance

Energie, un chantier copieux pour la période 2017-2021…

le 9 novembre 2017


Au ministère de l’Energie, des Mines et du Développement Durable, ce ne sont certainement pas les chantiers, les réformes et les projets qui manquent. Loin de là ! Il s’agit d’un secteur où les enjeux restent de taille pour le Maroc, son économie, sa dépendance énergétique, mais surtout ses intérêts géostratégiques. Le ministre Aziz Rebbah et son équipe semblent être conscients des attentes, des aspirations, ainsi que de l’importance des réalisations dans les délais.

En attendant, la période 2017-2021 se veut riche en projets et réformes, mais aussi en défis à surmonter.
Pour ce qui est d’abord de l’électricité, le ministère ambitionne d’accompagner la mise en œuvre du plan d’équipement électrique, et particulièrement par la mobilisation du foncier nécessaire à la réalisation de tous les projets énergétiques à caractères stratégiques et urgents. En parallèle, un effort sera déployé pour assurer à l’ONEE tous les moyens et les ressources nécessaires pour promouvoir et développer le réseau électrique national afin d’évacuer l’électricité produite à partir de sources renouvelables.

En ce qui concerne l’intégration des réseaux et des marchés électriques, l’intégration du Maroc dans le système énergétique régional, lui offre un cadre approprié, non seulement pour le développement des échanges électriques, mais aussi pour faire face aux intermittences des énergies renouvelables. Dans ce cadre, le Maroc a réalisé d’importantes capacités d’’interconnexion électrique avec l’Espagne (1400 MW). C’est l’unique interconnexion sous-marine entre les continents européen et africain, et le seul lien entre l’Europe et le nord de l’Afrique. Le Maroc est également interconnecté avec l’Algérie, avec une capacité d’échange de 1200 MW. Le Maroc poursuit son rôle dans l’accélération de l’intégration régionale des marchés énergétiques, il œuvre davantage pour la promotion des interconnexions électriques avec les pays voisins, en particulier via le projet de réalisation d’une ligne d’interconnexion électrique avec le Portugal d’une capacité de 1000 MW, dont l’étude de faisabilité est en cours.

Enjeux et défis
Le Maroc prévoit également le renforcement de l’interconnexion avec l’Espagne par une 3ème ligne d’une capacité de 700 MW, et avec la Mauritanie qui est en cours de réflexion. Dans le même sillage, le Maroc a récemment organisé une réunion du lancement du travail du comité de pilotage sur la déclaration conjointe relative à la mise en œuvre de l’accord qui a été conclu lors de la COP22 à Marrakech, pour promouvoir l’échange durable d’électricité entre le Maroc et les pays européens. L’objectif de cette réunion est d’aboutir à une feuille de route pour l’échange de l’électricité durable entre le Maroc et l’Europe. Tous les pays partenaires de ce projet ont été présents, à savoir l’Espagne, la France, l’Allemagne et le Portugal, ainsi que les institutions internationales qui soutiennent ce projet, à savoir la Banque mondiale, la Commission Européenne et l’Union pour la Méditerranée.
Dans le domaine de l’accès à l’électricité, le Programme d’Electrification Rurale Généralisé (PERG), depuis sa création en 1996 jusqu’à fin 2016, a permis de raccorder 39445 villages au réseau électrique national, et d’approvisionner 2.099.675 logements en électricité, et 51.559 logements en panneaux photovoltaïques individuels, ce qui a permis d’améliorer le taux d’électrification rurale, pour passer de 18% fin 1995 à 99,43% fin 2016. Le total des investissements réalisés à fin de 2016 est d’environ 23.1 MMDH. L’effort sera poursuivi en matière d’électrification rurale, avec la mise en œuvre de la dernière tranche du PERG, pour électrifier les villages, les écoles, les mosquées et les dispensaires restants. Ceci permettra de faire passer le taux d’électrification rurale de 99,43% à fin 2016 à 99.93% en 2019. Il est prévu que le PERG couvre environ 2100 villages comprenant 52.470 logements, lors de la période 2017-2019.
Concernant maintenant l’efficacité énergétique, un projet de stratégie nationale d’efficacité énergétique a été élaboré visant d’atteindre une économie d’énergie de 5 % à l’horizon 2020 et 20 % à l’horizon 2030. Cette stratégie qui a été approuvée par le Conseil du Gouvernement le 22 juin 2017, cible les secteurs les plus consommateurs d’énergie, en particulier les transports, les bâtiments et l’industrie, ainsi que les secteurs de l’agriculture et de l’éclairage public. La première phase de cette stratégie sera mise en œuvre dans le cadre d’un contrat-programme pour la période 2017-2021 entre l’Agence Marocaine pour l’Efficacité Energétique, les Départements ministériels concernés et les collectivités territoriales en particuliers les régions.

Ombre et lumière…
Par ailleurs, il est prévu d’élaborer une stratégie nationale de valorisation énergétique de la biomasse. Elle sera déclinée en objectifs clairs et en plan d’actions à court et moyen termes. Il est également prévu de déterminer les gisements en énergie géothermique.
La réalisation de projets d’investissement relatifs au développement des infrastructures pétrolières par les acteurs du secteur pétrolier, a été programmée, surtout les capacités de stockage et de réception au niveau des différents ports du Royaume. L’investissement total pour la période 2017-2021 est de l’ordre de 2,2 milliards de dirhams et concerne la réalisation d’une capacité additionnelle de 756.000 m3, soit une augmentation de 60% pour les produits pétroliers liquides par rapport à la capacité existante actuellement.
Dans le même cadre, le Ministère de l’Energie, des Mines et du Développement durable procédera à l’élaboration d’un plan national de développement de plateformes logistiques, relatives au stockage, à la distribution et au transport des produits énergétiques (charbon, gaz, et produits pétroliers…), et ce en concertation avec l’Agence Marocaine de Développement de la Logistique (AMDL). Ce projet est actuellement en cours d’examen avec cette agence.
Sur un autre registre, les dispositions relatives à la mise en œuvre de la première phase de la feuille de route nationale pour le développement du gaz naturel seront entreprises. Cette feuille de route concerne en plus de la réalisation des centrales à cycles combinés fonctionnant au gaz naturel(CCGT), la réalisation d’une jetée maritime et le Terminal GNL à Jorf Lasfar. L’investissement global pour ce projet est estimé à 4,6 milliards de Dollars USD.

Hassan Zaatit