En cette rentrée des affaires, les plans de relance sont inapplicables

En ce tout début de septembre, généralement considéré comme la rentrée des affaires, le plus dur, c’est le manque de visibilité !

En effet, les études et analyses prévisionnelles se multiplient, au Maroc, telles celles du HCP, de la DEPF, de BAM et de certaines banques commerciales et, à l’international, du FMI, de la BM, de la COFACE, de la BCE ou encore de l’OCDE, pour ne citer que celles qui nous apportent des informations sur nos partenaires économiques.

Les chiffres sur l’impact sanitaire, économique et social de la pandémie, se rejoignent et révèlent une très forte correction de la croissance économique et des déficits budgétaires abyssaux partout dans le monde, notamment en Europe, mais également dans notre région.

En ce qui concerne l’activité économique, elle connait une dépression sans pareil et sans comparaison possible avec les grandes crises précédentes, avec des taux qui varient entre 10% pour la France, l’Allemagne et d’autres pays européens du Nord et plus de 20% pour ceux du Sud notamment l’Italie et l’Espagne.

Les déficits budgétaires, ne sont plus jugés sur leur ampleur. Auparavant encadrés, ils ne pouvaient dépasser un certain niveau sans devenir condamnables, mais, aujourd’hui, ils atteignent aisément les 100% du PIB de nombreux pays voisins.

Au-delà de ces constats, les analystes et économistes s’accordent sur le manque total de visibilité quant à une quelconque reprise économique dont les deux indicateurs essentiels, la croissance et l’investissement, sont en berne et ne donnent aucun signe de relance.

Le Maroc se trouve dans la même situation que les pays riches face à la dégradation de son économie et de ses fondamentaux macro et micro-économiques.

Les États évoquent tous le soutien à la relance avec des plans qui se chiffrent en centaines de milliards, mais l’efficacité des mécanismes proposés n’est pas encore prouvée !

Alors qu’ils avaient programmé une fin de la pandémie cet été pour une rentrée économique normale, le Covid 19 continue de sévir dans nombre de pays et pas des moindres comme la France, l’Allemagne ou les États-Unis.

Les puissances publiques doivent maintenir les soutiens financiers à l’économie mis en place pendant le confinement qui se chiffrent en millards, pour éviter la montée du chômage et une crise sociale grave.

Tous les États ont assuré à leur pays un soutien à leur économie au-delà de leurs moyens, en dépit de la baisse de leurs recettes fiscales et au prix d’une aggravation de leurs déficits publics.

Face à cette situation inédite, l’Union Européenne propose un plan de 750 milliards d’euros qui se distingue par une enveloppe de 380 milliards de subventions en faveur des pays les plus touchés par la crise et un endettement centralisé au niveau de l’UE qui va porter sur plus de 400 milliards d’obligations européennes d’un nouveau genre pour financer les États membres sans alourdir leurs propres niveaux d’endettement.

L’Union Européenne contribue également à aider les pays en voie de développement comme c’est le cas pour le Maroc.

Ceux-ci comptent beaucoup sur l’aide multilatérale, du FMI notamment, mais aussi de nombreuses institutions internationales, souvent sous forme de crédits budgétaires et également de contributions ciblées en faveur de secteurs bien déterminés ou encore d’actions économiques et sociales.

Toutefois, au stade actuel où la pandémie continue de sévir, ces différents financements se heurtent à une mauvaise conjoncture, peu propice à la relance, où la confiance des opérateurs économiques n’est pas acquise ni pour consommer, ni pour investir, ni pour voyager, ni pour développer l’activité des entreprises.

La crise économique actuelle est d’autant plus grave qu’elle porte sur l’offre et la demande.
En cela, elle se différencie de la dernière crise financière de 2008.

Les moyens mobilisés par les États permettent encore de contenir l’ampleur de la dépression économique et la dépréciation des conditions de vie sociales.

Ils s’efforcent de financer les entreprises pour maintenir leurs activités et limiter les suppressions d’emplois.
Les crédits garantis par l’Etat, par la CCG interposée,, explosent et constituent le seul recours pour nombre de PME et TPE.

Celles-ci connaissent une grave crise de trésorerie et ne peuvent toujours pas faire face aux besoins de leurs fonds de roulement.
Et comme elles sont souvent peu capitalisées, elles ne cessent d’aggraver leur niveau d’endettement, se mordant ainsi la queue en continu, même si la garantie de l’Etat devra jouer un jour en leur faveur et contribuer à les désendetter.

Les mesures du plan de M. Benchaaboun pour re-capitaliser certaines entreprises et le fonds d’investissement projeté de 15 milliards pour financer une réelle reprise sont, certes, des mesures prometteuses mais pour l’après pandémie, alors que pour cette rentrée économique, l’heure est encore grave !

Afifa Dassouli

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