Le projet de câble sous-marin reliant le Royaume au Portugal, d’une capacité pouvant atteindre 1 000 mégawatts, cherche à obtenir le statut européen de projet d’intérêt mutuel. La Commission européenne a ouvert le 14 septembre l’appel à candidatures pour la troisième liste de ces projets, dont le dépôt est clos le 13 novembre et l’adoption définitive attendue d’ici la fin de 2027.
Deux scénarios de tracé restent à l’étude : une liaison directe entre les deux pays ou un passage par le réseau espagnol. Le coût, précédemment évalué à environ 800 millions d’euros, n’est plus présenté que comme indicatif tant que le tracé n’est pas arrêté. Rabat et Lisbonne ont réactivé le dossier en juillet pour examiner la faisabilité technique et les conditions d’un financement combinant appui européen et capitaux privés.
Le statut convoité n’est ni une garantie de financement ni une validation du projet. Il ouvre l’accès aux instruments européens dédiés aux infrastructures énergétiques et confère au dossier une reconnaissance réglementaire qui facilite l’obtention d’autorisations et l’entrée d’investisseurs. Pour y prétendre, les deux pays doivent documenter la capacité retenue, le tracé, les coûts, le modèle économique et les bénéfices apportés au réseau.
La logique du projet est symétrique. Le Royaume y voit un débouché pour une production renouvelable en forte croissance, dont la valorisation se heurte à la taille du marché intérieur et à la capacité limitée des deux lignes existantes vers l’Espagne. Lisbonne y trouve une diversification de ses échanges électriques et un renforcement de la résilience du réseau ibérique, dont les limites d’interconnexion avec le reste du continent constituent une contrainte ancienne.
La position espagnole demeure un paramètre déterminant. Un tracé passant par le réseau péninsulaire supposerait l’accord de Madrid et le partage des capacités de transit, tandis qu’une liaison directe vers le Portugal contournerait cette dépendance au prix d’un investissement plus lourd. Les deux options ne dessinent pas la même relation avec le marché ibérique.
Le calendrier européen est long. Même retenu sur la liste adoptée fin 2027, le projet devrait ensuite franchir les étapes d’ingénierie détaillée, de bouclage financier et de construction d’un câble sous-marin de grande longueur, filière dont les carnets de commandes mondiaux sont saturés par les projets éoliens en mer.
LNT
