La coordinatrice de la direction collégiale du Parti authenticité et modernité a abordé pour la première fois la question de la primature, en indiquant qu’une éventuelle désignation constituerait « un grand honneur », tout en renvoyant la décision au Souverain.
Fatima Ezzahra El Mansouri a rappelé que la nomination du chef du gouvernement est « une prérogative précieuse qui appartient à Sa Majesté », le Roi disposant selon elle de « la sagesse » nécessaire pour trancher. La formulation ne constitue ni une candidature ni un retrait, et laisse ouverte une question que la Constitution ne règle pas : l’article 47 impose de choisir le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête, sans désigner celui qui doit l’être.
Sur les alliances, elle a précisé qu’aucune négociation n’était engagée et que le parti travaillerait avec toutes les formations respectant les constantes du pays, sans ligne rouge, en ajoutant que « les programmes que nous avons élaborés seront déterminants » dans le choix des partenaires. Cette subordination affichée aux contenus plutôt qu’aux étiquettes constitue la méthode annoncée pour la négociation.
Elle a par ailleurs formulé une critique implicite de la gouvernance sortante en identifiant une faiblesse dans « la communication avec les citoyens », estimant que les partis de gouvernement doivent s’adresser à des Marocains qu’elle décrit comme politisés.
Le contexte de cette prise de parole mérite d’être rappelé. Fouzi Lekjaa, qui a conduit la campagne et rallié le parti en juillet, est l’autre figure susceptible d’être désignée. Le PAM dispose de 97 sièges sur 395, la majorité absolue étant fixée à 198, et aucune combinaison à deux partis ne l’atteint.
Le Rassemblement national des indépendants a de son côté reporté toute position sur les alliances. Son président Mohamed Chouki a reconnu un recul, estimant que « la position du parti aujourd’hui ne peut être réduite au seul classement électoral », et annoncé une évaluation interne de cinq années de gestion gouvernementale.
LNT