Les retenues nationales stockaient plus de 11 milliards de mètres cubes à la mi-août, contre moins de 5,9 milliards un an plus tôt. Le taux de remplissage a doublé en douze mois. Les disparités entre bassins demeurent fortes, le Drâa-Oued Noun restant sous le tiers de sa capacité.
La campagne agricole 2026-2027 s’ouvre avec des réserves hydriques sans commune mesure avec celles des années de sécheresse. Le taux de remplissage national des barrages s’établissait à 68,6% à la mi-août, correspondant à environ 11,068 milliards de mètres cubes stockés, selon les données du ministère de l’Équipement et de l’Eau.
La comparaison annuelle mesure l’ampleur du redressement. À la même date en 2025, les retenues n’étaient remplies qu’à 34,49%, pour 5,872 milliards de mètres cubes. Le volume disponible a donc pratiquement doublé.
Trois bassins du nord affichent les taux les plus élevés : le Sebou à 81,59% avec 4,381 milliards de mètres cubes, le Loukkos à 81,24% et le Bouregreg à 80,65%.
Le redressement le plus spectaculaire concerne l’Oum Er-Rbia, passé de 10,43% l’an dernier à 60,45% cette année, avec plus de 3,024 milliards de mètres cubes. Ce bassin, qui irrigue le périmètre du Tadla et alimente une partie de l’axe Casablanca-Marrakech, avait été l’un des plus durement affectés par la succession d’années sèches.
Les disparités territoriales demeurent néanmoins marquées. Le bassin du Drâa-Oued Noun reste à 32,73%. Celui du Ziz-Ghéris-Kir recule à 40,96%, contre 48% l’an dernier, seule zone en dégradation sur un an.
Cette géographie recoupe celle de la vulnérabilité agricole. Les bassins du Sud et du Sud-Est concentrent des cultures oasiennes et un élevage extensif dont les besoins ne sont pas satisfaits par les seules retenues, et qui dépendent largement des nappes souterraines, dont l’état de surexploitation constitue un enjeu distinct de celui des barrages.
Une précision s’impose sur la portée de ces chiffres. Un taux de remplissage élevé constitue une sécurité conjoncturelle, non une garantie structurelle. Il traduit une bonne année pluviométrique, non une amélioration de la ressource disponible par habitant, qui continue de décroître sous l’effet conjugué de la démographie, de l’évolution des usages et de la baisse tendancielle des précipitations.
Le programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation, adossé au dessalement et aux interconnexions entre bassins, conserve dans ce contexte toute sa pertinence, indépendamment de la qualité de l’année en cours.
LNT