Eau : 11,8 milliards de mètres cubes, soit 155% de plus en un an

Par LNT
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Les pluies de l’hiver 2025-2026 ont mis fin à sept années de sécheresse. Les ressources en eau disponibles atteignaient 11,8 milliards de mètres cubes au 20 février, un bond de près de 155% sur douze mois. Les images satellite de Copernicus montrent le nord-est du pays passer du brun au vert en une saison. Reste la question que personne ne tranche : combien de temps faut-il à un écosystème pour se remettre de sept ans de stress hydrique.

Le contraste est spectaculaire. Après une séquence de sécheresse entamée en 2018, l’hiver 2025-2026 a apporté des précipitations abondantes qui ont reconstitué les réserves. Au 20 février 2026, les ressources en eau disponibles s’établissaient à 11,8 milliards de mètres cubes, soit une progression d’environ 155% en un an.

Le nord-est du pays vu du ciel

L’imagerie satellitaire du programme européen Copernicus documente la transformation avec une netteté que les statistiques ne rendent pas. Comparées entre février 2025 et février 2026, les prises de vue du nord-est marocain montrent des paysages desséchés cédant la place à de vastes surfaces verdoyantes.

Ce reverdissement rapide traduit la réactivité de la strate herbacée et des cultures annuelles, qui répondent en quelques semaines à un retour des pluies. Elle ne dit rien, en revanche, de l’état des composantes plus lentes de l’écosystème.

Ce que la pluie ne répare pas tout de suite

C’est le point que soulève l’analyse. Les nappes phréatiques, dont la recharge s’effectue sur des cycles longs, ne se reconstituent pas au rythme des barrages. Les zones humides, les peuplements forestiers et les populations animales ayant subi sept années consécutives de déficit hydrique suivent des trajectoires de récupération qui se comptent en années, parfois en décennies pour les espèces à cycle long.

La question posée est donc celle du décalage entre un indicateur de disponibilité en eau qui se redresse en une saison et un état écologique qui met beaucoup plus longtemps à revenir à sa ligne de base, si tant est qu’il y revienne.

Une variable qui commande la croissance

L’enjeu dépasse largement le champ environnemental. La pluviométrie détermine encore directement la trajectoire macroéconomique marocaine. Bank Al-Maghrib table sur une croissance de 5,2% en 2026, portée par une valeur ajoutée agricole en hausse de 16%, avant un retour à 3,1% en 2027 lorsque l’effet de base se dissipera.

Autrement dit, la bonne année hydrique se lit directement dans le taux de croissance national, ce qui rend d’autant plus critique la question de la résilience structurelle face au prochain épisode sec.

Ne pas confondre répit et sortie de crise

Le risque, largement identifié par les spécialistes, est celui du relâchement. Une saison excédentaire ne modifie pas les fondamentaux du stress hydrique marocain : demande agricole en croissance, urbanisation, pertes sur les réseaux de distribution, et tendance climatique de fond orientée vers la raréfaction. Les programmes de dessalement, de réutilisation des eaux usées et d’interconnexion des bassins conservent donc leur pertinence, indépendamment des chiffres de l’année en cours.

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