Les administrations douanières marocaine et russe ont tenu à Rabat la première réunion de leur groupe de travail conjoint, avec pour objectif principal la reconnaissance mutuelle de leurs programmes d’opérateurs économiques agréés à l’horizon 2027.
Le statut d’opérateur économique agréé certifie la fiabilité d’une entreprise en matière de sécurité de la chaîne logistique et de conformité douanière. Sa reconnaissance réciproque entre deux pays permet aux entreprises certifiées de bénéficier de facilitations dans l’autre juridiction : réduction des contrôles physiques, traitement prioritaire, procédures simplifiées. L’effet pratique se mesure en jours de délai et en coûts d’immobilisation.
Le programme de travail comporte trois autres volets. La numérisation des certificats d’origine occupe une place centrale, ces documents conditionnant l’accès au tarif préférentiel de l’Union économique eurasiatique, dont la Russie est le principal membre. Le recours à l’intelligence artificielle pour le ciblage des contrôles et l’analyse de risque constitue un deuxième axe. La lutte contre le trafic de stupéfiants, enfin, figure parmi les priorités affichées.
Ce dernier point mérite attention. Les saisies de résine de cannabis d’origine marocaine constituent depuis des années un motif de friction avec plusieurs administrations européennes, et l’inscription du sujet dans un cadre bilatéral formalisé avec Moscou traduit la volonté des deux parties d’installer la coopération sur un registre technique.
Les échanges commerciaux entre les deux pays demeurent modestes au regard des ensembles concernés, et fortement déséquilibrés dans leur composition, les hydrocarbures, les céréales et le soufre dominant les flux russes tandis que les agrumes et les produits de la mer constituent l’essentiel des exportations marocaines.
L’initiative s’inscrit dans une diversification assumée des partenariats douaniers, conduite parallèlement à la coopération avec l’Union européenne, premier partenaire commercial du Royaume.
LNT
