A l’ONU, au Conseil de Sécurité, le Maroc a réussi une véritable « remontada » diplomatique. Les deux vétos déclarés ce jour du 30 octobre ont été d’une importance de taille pour mettre fin à la présence de la Minurso dans les provinces du Sud. Pourquoi et comment en est-on arrivé là ?
Incontestablement, la date du 30 octobre 2026 restera marquée dans les annales du processus onusien de l’affaire du Sahara. Ce fut la nuit du grand verdict. Les deux vétos russe et américain au sujet de la Minurso viennent ainsi marquer l’achèvement d’un process de lutte continue de plus d’une cinquantaine d’année.
Cette nuit-là, les yeux des Marocains étaient rivés sur le QG de l’ONU à New York. On s’attendait à une bonne nouvelle, à ce que le vote de la majorité des membres du Conseil de Sécurité de la copie américaine, ne déçoive pas. Pourtant, le véto russe a tout fait basculer.
Dans cette copie américaine, Washington, tout en continuant à exhorter la communauté mondiale, ses alliés et les instances onusiennes à soutenir le Plan d’Autonomie marocain, proclamait qu’il était grand temps de mettre fin à la Minurso, que cette mission onusienne n’avait plus raison d’être.
A la place de la Minurso, les USA proposaient la Minuso. Autrement dit, une mission beaucoup plus politique que militaire et où la notion de référendum, très chère à certains, devait disparaitre une bonne fois pour toute.
Membre permanent du Conseil de Sécurité, la France a fait preuve de grande détermination et mobilisation pour faire passer le texte américain. Idem pour le Royaume-Uni. La Chine, habituée à un vote neutre en s’abstenant, n’a pas fait exception de cette position habituelle.
Finalement, la copie a reçu un « oui » de la part des États-Unis, la France, le Royaume-Uni, le Danemark, la Grèce, le Panama, Bahreïn, la Colombie, la Lettonie, le Liberia et la République démocratique du Congo.
La Russie, dont la position est toujours entourée de mystères, mais qui s’était montrée pourtant moins intransigeante qu’historiquement lors du vote en 2025 de la Résolution 2797, n’a pas hésité cette fois-ci à sortir son droit de véto contre la copie américaine.
On croyait alors que ce veto russe allait tout ruiner. Et ce fut justement le cas avant le sifflet final de cette grande bataille diplomatique américano-russe autour de l’affaire du Sahara marocain. En effet, la « remontada » n’a pas tardé à venir, et à son tour la copie russe, qui proposait de maintenir le statu quo de la Minurso, n’est pas passée. Le véto américain, en plus du non de 11 membres du Conseil de Sécurité, a été largement suffisant pour l’enterrer. Le contre-projet russe n’a recueilli que les voix de la Russie, de la Chine et de la Somalie.
Du coup et contre toute attente, la reconduction du mandat de la mission de la Minurso n’a pas été validée cette fois-ci. Celle-ci, présente depuis 1991, soit plus de 35 ans, a dû commencer à plier bagage dès le lendemain de cette réunion du Conseil de Sécurité sur le Sahara marocain.
Pour beaucoup d’analystes, la non-reconduction par le Conseil de Sécurité de l’ONU du mandat de la Minurso marque l’abandon par la communauté internationale d’un cadre « obsolète » au profit d’une approche plus pragmatique basée sur l’initiative marocaine d’autonomie comme cadre exclusif de solution à la question du Sahara marocain. Et de poursuivre que ce non-renouvellement du mandat de la mission onusienne revêt une importance particulière, étant donné qu’elle avait été créée en 1991 et conçue dans un contexte très différent de celui qui prévaut aujourd’hui. Ce développement s’inscrit dans la continuité des percées diplomatiques réalisées par le Royaume avec la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité, et renforce les arguments du Maroc qui confirment que l’autonomie sous souveraineté du Royaume constitue la voie la plus viable pour le règlement de ce différend régional.
D’autres géopolitologue estiment que le droit a rejoint le clan du réalisme, notant que cet événement représente une évolution significative dans un dossier longtemps marqué par le blocage et les tergiversations pour faire perdurer le statu quo : « Héritée d’un contexte révolu, la MINURSO a longtemps nourri l’internationalisation d’un différend régional », explique-t-on, tout en précisant que son retrait des provinces du Sud et la sortie prévisible de la question de l’ordre du jour du Conseil de Sécurité de l’ONU «tournent une page et ouvrent une perspective réelle de règlement de ce conflit».
Pour rappel, depuis ainsi la reconnaissance américaine de 2020, confirmée par plusieurs partenaires européens de premier plan (Espagne, France, Allemagne, Royaume-Uni, Belgique, Portugal…), la proposition marocaine d’autonomie est devenue la seule base sérieuse et crédible de règlement.
Les observateurs estiment que la Résolution 2797 est en mesure de constituer un tournant dans la dynamique de traitement du dossier au niveau des Nations Unies. L’alignement croissant de la communauté internationale autour de la proposition marocaine réduit les marges de manœuvre d’Alger, de plus en plus reléguée au second plan sur la scène diplomatique.
L’option « indépendantiste » du Polisario n’est plus sur la table, ne tient plus et ne convainc personne, y compris ses quelques parrains régionaux qui ont fini apparemment par comprendre qu’il est grand temps d’envisager une sortie plus ou moins honorable.
Après la résolution 2797 et le non-renouvellement du mandat de la Minurso, il est grand temps que ce dossier soit retiré de la 4ème commission des NU pour que la boucle soit bouclée. Une bonne fois pour toute.
Hassan Zaatit
