Politique

Dossier du Sahara : La Minurso, la fin d’un feuilleton ensablé !

minurso

Comme prévu donc et après sa non-reconduction, le démantèlement de la Minurso a débuté le dimanche 1 novembre dernier. C’est ce qu’a annoncé Stéphane Dujarric, porte-parole du SG Nations Unies. Place maintenant à l’après Minurso, notamment la récupération, mais surtout la sécurisation de la Zone-Tampon.

Le dossier du Sahara marocain entre dans une nouvelle phase. Ce 1er novembre 2026 marque le début du départ des casques bleus, mettant ainsi fin à un dispositif en place depuis 1991.

Le Porte-Parole du SG des NU, Stéphane Dujarric, a appelé les parties à coopérer pleinement afin que ce processus soit mené à bien, de manière ordonnée et dans les meilleurs délais.

De son côté, le Maroc a mis en place tout ce qu’il faut pour accorder à la mission le temps et les moyens logistiques nécessaires pour quitter les lieux. Le Représentant Permanent du Maroc auprès des Nations Unies, Omar Hilale, a affirmé que le Maroc entend accompagner le départ de la Minurso dans les meilleures conditions possibles.

Concrètement, le processus prévoit le retrait de 160 observateurs militaires, ainsi que de 180 membres du personnel civil et autres agents liés à la mission. Il comprend également la fermeture de 13 sites et installations, ainsi que le démantèlement des équipements et des moyens logistiques de la mission.

L’ONU précise toutefois qu’aucune date n’a encore été fixée pour l’achèvement de cette opération, qui s’effectuera progressivement, après 35 années de présence sur le terrain.

Mais de l’avis de beaucoup, la Minurso devait être fermée. D’ailleurs, c’est en ces termes que Julian Harston, ancien chef de la Minurso, a appelé à mettre fin à la mission onusienne, estimant que cette mission onusienne appartient désormais à une époque révolue.

Pour cet ancien responsable des casques bleus dans les Provinces du Sud, la quasi-totalité des exigences qui fondaient le mandat initial de la mission ne correspondent plus aux réalités actuelles du dossier. Il souligne notamment que l’organisation d’un référendum d’autodétermination n’a, selon lui, jamais constitué une perspective réaliste. Il affirme également que le cessez-le-feu n’a été accepté ni par le Front Polisario ni par l’Algérie, remettant ainsi en question l’une des justifications du maintien de la mission onusienne.

L’ancien chef de la Minurso critique par ailleurs le rôle de l’Algérie dans le processus politique, qu’il accuse d’avoir systématiquement entravé les initiatives de règlement du conflit. Il dénonce également les conditions de vie de milliers de Sahraouis dans les camps de Tindouf, qu’il décrit comme ‘‘intolérables’’, tout en mettant en cause une direction qu’il qualifie de vieillissante.

Par ailleurs, il est quand même important de relever que, selon le MAE Nasser Bourita, la fin du mandat de la Minurso ne signifie pas la fin du cessez-le-feu, lequel constitue un engagement politique, diplomatique et juridique.

Et d’expliquer que le non-renouvellement du mandat de la Mission des Nations Unies au Sahara ouvre une nouvelle phase dans la gestion du dossier du Sahara marocain : « Le Maroc n’avait pas été surpris par le veto russe, qui a permis au Royaume de changer les règles encadrant la gestion de ce dossier, conformément aux orientations royales ». Nasser Bourita a également réaffirmé l’attachement du Maroc à la recherche d’une solution politique et pacifique, sur la seule base du Plan d’Autonomie proposé par le Royaume.

Sur le plan onusien, le non-renouvellement du mandat de la Minurso devrait également mettre fin aux rendez-vous périodiques du Conseil de Sécurité consacrés à cette question. Les rapports et les consultations liés à cette échéance perdraient ainsi leur caractère régulier, précise Bourita, pour qui cela ne signifie pas que le Conseil de Sécurité perd sa compétence sur le dossier, puisqu’il conserve toujours la possibilité de s’en saisir. Mais le Maroc considère que le mécanisme d’examen automatique, qui a rythmé les trois dernières décennies, est arrivé à son terme.

Concernant le règlement politique, Bourita a précisé les conditions marocaines d’une éventuelle reprise des négociations. Celles-ci devront avoir pour unique base l’initiative marocaine d’autonomie présentée en 2007 et pour seule finalité l’autonomie sous souveraineté marocaine.

Sur un autre registre encore plus déterminant, Nasser Bourita souligne l’importance du rôle de la Quatrième Commission de l’Assemblée Générale des Nations Unies. Contrairement au Conseil de Sécurité, cette instance ne connaît pas de droit de veto et pour Rabat, l’enjeu pourrait désormais consister à traduire les soutiens internationaux à la marocanité du Sahara en positions concrètes au sein des différentes instances multilatérales.

Pour le chef de la diplomatie, il est grand temps de retirer le dossier du Sahara marocain des bureaux de la 4ème Commission des NU. Une autre étape encore plus déterminante pour l’affaire du Sahara marocain….

Hassan Zaatit

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