Société

Donald Trump, nouveau président américain : L’incertitude plane sur la COP 22 Marrakech…

le 10 novembre 2016


La fièvre Trump transcende l’Atlantique. L’ombre de sa victoire est en effet omniprésente ici à Marrakech, la ville ocre abritant la COP 22. Et pour dire vrai, l’inquiétude et la méfiance ont pris place à l’optimisme qui régnait depuis le début des travaux de cette édition.

Bref, l’arrivée de Donald Trump à la tête de la Maison Blanche inquiète sérieusement les délégués et les négociateurs de la COP 22. Ces derniers craignent un éventuel désengagement des Etats-Unis d’Amérique.

Ceci dit, on estime qu’avec le nouveau locataire de la Maison Blanche, tout devient alors possible. ‘‘Le successeur de Barak Obama risque de battre en brèche tous les efforts déployés jusqu’à présent pour obliger les Etats, notamment les grandes puissances, à s’engager dans une norme internationale de protection de l’environnement’’, dit-on et avec regret ici à Marrakech.

Mercredi 9 novembre, la journée de l’annonce de la victoire de Donald Trump, a été marquée par une ambiance agitée. Très vite, des activistes de différents pays, ont organisé un sit-in pour dénoncer Trump, particulièrement sa propre perception de la cause climatique.

Aussi et côté négociations, le rythme a pris une autre tournure. Dans les propositions, les débats et les arguments, la donne Trump est prise en considération, voire très au sérieux. Les débats ont du coup pris une allure houleuse.

Durant cette même journée consacrée au Fond d’Adaptation Climatique, la délégation américaine a proposé l’annulation pure et simple de ce fonds. Et pour la Chine, membre du G 77, sa délégation estime que ce fonds a pris de l’âge d’où la nécessité de mettre en place de nouveaux mécanismes de financement.

Pour d’autres délégations, notamment celles de l’Irak, la Jordanie, le Nicaragua, l’Argentine, on insiste sur l’importance de son maintien. Le délégué irakien a indiqué à cet effet, que son pays souffre d’une guerre désastreuse depuis de longues années ‘‘ d’où la nécessité d’un fonds pareil pour le peuple irakien’’. Du même avis, le représentant de la Jordanie, a tenu à préciser que vu le contexte difficile de la région, il est aujourd’hui important d’augmenter le montant des subventions de ce fonds. Ceux du Nicaragua et de l’Argentine insistent sur son maintien…et peu importe le prix.

La présidence de la COP 22, elle, se veut rassurante. Le président  Salaheddine Mezouar tient à souligner que les travaux de la 22ème Conférence des Nations unies sur le Climat ont « bien démarré » et l’état d’esprit général des délégués et des négociateurs est « extrêmement positif ».

« Tout le monde insiste sur l’efficacité et l’urgence d’agir et de travailler pour atteindre l’objectif de faire de cette COP une COP de l’action », précise-t-il, notant qu’après l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris, ‘‘toutes les parties sont animées d’une « bonne volonté » pour faire avancer les négociations sur les mécanismes d’application et de financement de cet accord et font preuve de sérénité et de beaucoup d’engagement depuis le début des travaux de ce rendez-vous planétaire’’.

Pour rappel, Donald Trump se veut catégorique en la matière. Lors de sa campagne électorale, il n’a cessé de promettre la révision des engagements américains par rapport à l’Accord de Paris, en particulier la partie financière.

Autrement dit, le succès de la COP 22 est aujourd’hui entre parenthèses et la Conférence planétaire de Marrakech est entrée entré dans une nouvelle phase…vers l’inconnu !

 

Hassan Zaatit