La police judiciaire de la zone de sûreté d’Aïn Sebaâ-Hay Mohammadi a interpellé le samedi 17 octobre à Casablanca deux hommes de 23 et 28 ans, soupçonnés de piratage des réseaux de télécommunications et d’escroquerie par faux messages d’amendes. La Direction générale de la sûreté nationale a annoncé ces arrestations le dimanche.
Le premier volet de l’activité présumée porte sur le détournement d’appels internationaux. Selon les premiers éléments de l’enquête, les suspects piratent les réseaux nationaux de télécommunications pour rediriger les appels entrants de l’étranger vers des lignes locales et conserver la différence tarifaire, pratique qui prive les opérateurs des recettes d’interconnexion.
Le second volet concerne l’envoi, depuis plusieurs numéros, de messages se présentant comme émanant de l’Agence nationale de la sécurité routière. Ces messages signalaient de prétendues infractions et réclamaient le paiement d’amendes fictives, les destinataires étant orientés vers un portail de paiement en ligne imitant l’apparence du site officiel de l’agence.
Les perquisitions menées aux domiciles des suspects, à Casablanca et à Settat, ont permis de saisir des dizaines de cartes SIM d’opérateurs nationaux et des cartes de recharge, un ordinateur portable, plusieurs appareils électroniques servant à recevoir et convertir le flux internet, ainsi que divers supports informatiques.
Les infractions suspectées sont l’atteinte aux systèmes de traitement automatisé de données, le piratage international des communications téléphoniques, l’escroquerie et la fraude électronique. Les deux hommes ont été placés en garde à vue et l’enquête a été confiée à la Brigade nationale de la police judiciaire, sous le contrôle du parquet compétent, afin de déterminer les éventuelles ramifications du réseau au Maroc comme à l’étranger.
Le préjudice n’a pas été chiffré, ni pour les opérateurs ni pour les automobilistes visés.
Ce dossier s’ajoute à l’interpellation, annoncée à Nador, d’un suspect accusé d’avoir détourné des transferts d’argent à l’aide de fausses cartes d’identité produites par intelligence artificielle. Les deux affaires illustrent la montée des fraudes exploitant les infrastructures de télécommunications et l’identité numérique.
Les suspects bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’à une éventuelle décision de justice définitive.
LNT