L’Iran maintient la pression autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures. Les Gardiens de la Révolution ont affirmé dimanche que la voie maritime resterait fermée tant que les États-Unis n’auront pas accepté « toutes » les conditions posées par Téhéran. Si les bombardements américains sont suspendus depuis plus d’une semaine, les tensions persistent dans la région, notamment au Yémen et en Arabie saoudite.
Les perspectives d’une réouverture rapide du détroit d’Ormuz semblent s’éloigner. Dimanche, les Gardiens de la Révolution ont réaffirmé que l’Iran n’entendait pas lever le verrou sur cette voie maritime stratégique sans concessions de la part des États-Unis.
« L’ennemi a concentré tous ses efforts sur l’ouverture du détroit d’Ormuz (…) et maintenant ce détroit est en réalité pour nous un théâtre de guerre et plus seulement une voie maritime », ont déclaré les Gardiens. Leur position est explicite : « Notre stratégie actuelle est de maintenir ce détroit fermé jusqu’à ce que l’ennemi accepte toutes nos conditions ».
Le dossier d’Ormuz s’est progressivement imposé au centre des tensions entre Washington et Téhéran. Pour l’administration de Donald Trump, sa réouverture constitue désormais une priorité, compte tenu de son importance pour les flux énergétiques internationaux.
Téhéran a détaillé samedi plusieurs exigences préalables à une réouverture. L’Iran réclame notamment la fin définitive de la guerre et des opérations contre lui et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak.
Il demande également la levée du blocus imposé aux ports iraniens, une indemnisation pour les dommages causés par les hostilités, la levée des sanctions économiques ainsi que le déblocage sans condition des avoirs iraniens gelés.
« Le détroit restera fermé » tant que ces conditions ne seront pas satisfaites, a prévenu Mohammad Bagher Zolghadr, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale.
Plusieurs de ces dispositions figuraient déjà dans le protocole d’accord conclu entre Washington et Téhéran en juin. Celui-ci devait permettre d’engager des discussions plus larges pour mettre fin au conflit. Il avait notamment débouché sur une brève réouverture du détroit et une détente des cours pétroliers, avant l’interruption du processus.
Malgré les déclarations américaines faisant état de progrès diplomatiques, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a réfuté dimanche l’existence de négociations formelles avec Washington.
Il a néanmoins reconnu « un échange de messages à travers des intermédiaires ».
« Ça ne s’appelle pas une négociation. Ça s’appelle échanger des messages », a-t-il précisé, ajoutant que les intermédiaires tentaient de « rétablir des bases de négociation ».
Le chef de la diplomatie iranienne exclut cependant une reprise formelle des discussions tant que les États-Unis ne mettront pas fin, selon Téhéran, aux violations du protocole conclu en juin.
L’Iran affirme parallèlement poursuivre ses discussions avec Oman, également riverain du détroit, sur la définition d’un futur itinéraire de passage. Abbas Araghchi a indiqué que ces échanges se trouvaient dans leur « phase finale ».
Téhéran ne souhaite toutefois pas revenir au fonctionnement du détroit tel qu’il existait avant le conflit et envisage notamment l’instauration de frais de service pour son utilisation, une option rejetée par Washington.
Oman a indiqué que ses discussions avec l’Iran se déroulaient dans « une atmosphère positive et constructive ». Mascate a néanmoins condamné les attaques répétées visant des navires dans la région, après qu’un pétrolier de la compagnie émiratie Adnoc a été touché par un missile que les Émirats arabes unis attribuent à l’Iran.
Sur le plan militaire, les bombardements américains contre l’Iran sont suspendus depuis plus d’une semaine. Donald Trump a toutefois conditionné cette pause à l’obtention rapide d’un accord, maintenant ainsi la possibilité de nouvelles opérations militaires.
La situation reste également tendue sur le front yéménite. Les Houthis ont revendiqué dimanche une attaque de drone contre la raffinerie du groupe pétrolier saoudien Aramco à Jazan, sur la mer Rouge.
Les rebelles ont également affirmé avoir lancé des missiles balistiques et des drones contre des troupes saoudiennes et des dépôts d’armes dans la région de Mokha, ville portuaire yéménite.
L’Arabie saoudite a indiqué qu’un incendie avait été maîtrisé sur le site d’Aramco à Jazan, sans préciser son origine.
Ces développements interviennent après la reprise, en juillet, des hostilités dans le conflit yéménite après plusieurs années d’accalmie. Les Houthis ont également annoncé fin juillet un blocus visant les navires saoudiens en mer Rouge.
LNT avec AFP
