Crédits : La Nouvelle Tribune

Économie et Finance

DEPF : La croissance économique retrouve des couleurs, hors agriculture

le 21 novembre 2019


La Direction des Etudes et Prévisions Financières du ministère de l’Economie et des Finances vient de publier sa dernière note de conjoncture.

Selon ses analystes, les indicateurs conjoncturels observés au niveau de plusieurs secteurs d’activité nationaux font état d’une consolidation de la croissance économique hors agriculture en 2019.

Le secteur secondaire, à la fois au niveau de ses composantes échangeables et non échangeables, a fait preuve d’un comportement favorable. En témoignent le dynamisme tangible affiché au niveau du commerce extérieur et le renforcement de la production électrique et la résilience de la consommation de ciment, principal baromètre du secteur du BTP, explique la DEPF. En outre, la dynamique des services a continué de soutenir l’activité économique, grâce, notamment, à la bonne posture des activités du tourisme, de transport et des télécommunications.

Cette orientation favorable est confortée par les fondamentaux du marché intérieur, poursuit le document, notamment pour le pouvoir d’achat des ménages qui aurait bénéficié de l’évolution maitrisée des prix à la consommation et de l’amélioration de la situation du marché du travail, en plus de l’évolution positive des crédits à la consommation. Cette situation est davantage renforcée par le bon comportement des importations des biens d’équipement et de l’investissement public, traduisant un maintien de l’effort d’investissement au niveau national.

Le déficit commercial a poursuivi son creusement, en relation avec la hausse persistante des importations, notamment des biens d’équipement, des produits finis de consommation et des demi-produits. Malgré ce creusement, le taux de couverture des importations par les exportations a affiché une amélioration de 0,3 point, consécutivement à la hausse relativement plus importante des exportations, impulsée, particulièrement, par la dynamique des métiers mondiaux du Maroc. De leur  côté, les Réserves Internationales Nettes permettent de couvrir 5 mois d’importations de biens et services.

La situation des finances publiques a été marquée par une augmentation des recettes ordinaires à un rythme plus important que celui des dépenses ordinaires. Cette évolution a donné lieu à un excédent ordinaire en progression de 29%, permettant de couvrir près du quart des dépenses d’investissement.

En matière de financement de l’économie, les crédits bancaires se sont accélérés à fin septembre à +5,1%, propulsés, particulièrement, par l’accroissement des crédits de trésorerie et de ceux à caractère financier, mais également par les crédits à la consommation, à l’équipement et à l’immobilier. Cette dynamique contraste, toutefois, avec le comportement du marché boursier qui a enregistré un léger retrait de ses indices MASI & MADEX au cours du mois d’octobre 2019, mais sans parvenir à infléchir leur performance cumulée positive par rapport à fin décembre 2018 (+1,1% et +1,4%), expliquent les analystes de la DEPF.

Ces évolutions ont eu lieu dans un environnement international moins porteur, influencé par le poids grandissant des incertitudes d’ordre économique, financier et géopolitique. La zone euro, l’une des
régions qui a le plus pâti du retournement conjoncturel de l’économie mondiale, en raison de sa forte dépendance des chaines de valeur mondiales, a enregistré une croissance modérée au troisième trimestre 2019, affectée par la faiblesse de l’investissement et des exportations. La croissance s’avère, toutefois, plus résiliente en France et en Espagne, les deux principaux partenaires économiques du Maroc.

LNT avec CdP