Culture

Décès du musicologue Ahmed Souliemane Chawki

le 5 mars 2013


La scène artistique nationale a perdu, mardi dernier à Casablanca, l’artiste et professeur Ahmed Souleimane Chawki, un des précurseurs et maîtres incontestés de l’enseignement de la musique au Maroc, selon les canons académiques les plus rigoureux.

Né en 1929 à Fès où il a suivi ses études, feu Souleimane Chawki a, dès avant l’indépendance, tenu à perfectionner sa formation en France, en étudiant, trois ans durant, les fondements de la musique à l’école française des arts, dont il est sorti lauréat en 1956.

Il revient au pays et lance un conservatoire de musique à Marrakech en 1957,avant d’intégrer, en 1959, le Conservatoire national de musique, qui dépendait du ministère de la culture, puis le Conservatoire municipal de musique, de danse et d’art théâtral de Casablanca en tant que professeur de luth, puis directeur.

Le défunt, qui a représenté le Maroc à plusieurs manifestations et rencontres internationales, est considéré comme l’un des plus éminents professeurs et spécialistes du luth dans le Royaume. Il a assuré la formation de plusieurs artistes nationaux et composé la toute première opérette marocaine en 1961 intitulée « Assarab » (Le mirage), écrite par feu Ahmed Tayeb Laâlej et à laquelle ont participé 75 instrumentalistes.

Parmi ses œuvres célèbres, figurent « Frak Ghazali » (La perte de ma belle) dont l’interprétation a été assurée par l’artiste égyptien Moharam Fouad, « Habitha » (Je l’ai aimé), « Wallah la qalbi maak » (Que je pense à toi).

Il a, en outre, fait enregistrer plusieurs compositions chantées pour le compte de La Radio Nationale Marocaine, dont « Sihrou Al Hadith » (La magie de la parole), « La Tensa meghnak ya qalbi » (O mon Coeur, n’oublie pas ta mélodie) et « Oudtou ya rabbi » (O mon Dieu, je suis revenu).

En 1976, Souleimane Chawki avait remporté le premier prix national de luth, avec diplôme du ministère de la culture, entre autres prix et distinctions au Maroc et à l’étranger.

Le disparu avait formé, avec sa femme Souad Chawki, virtuose du Qanoun, un duo de musiciens qui a assidument oeuvré à la réhabilitation et la promotion du patrimoine musical arabe authentique.

En matière didactique concernant la formation musicale, il fut l’initiateur du premier guide d’apprentissage de luth au Maroc, publié par Dar Al-Ilm à Casablanca, en 1983.

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