L’avocat et militant marocain des droits de l’homme Abdelaziz Bennani est décédé le 26 août 2026, à l’âge de 87 ans. Né en 1939 à Fès, il avait exercé au barreau de Casablanca depuis 1965 et consacré une grande partie de son parcours professionnel et associatif à la défense des droits et des libertés.
Abdelaziz Bennani s’était engagé dès les premières années de sa carrière dans la défense de personnes poursuivies dans le cadre de procès politiques. Il avait notamment participé aux actions de défense de prisonniers d’opinion au cours des années 1960 et 1970. Il avait également été actif au sein de l’Union nationale des étudiants du Maroc (UNEM) avant de rejoindre l’Union nationale des forces populaires (UNFP). Son engagement lui avait valu d’être lui-même arrêté en 1973.
Sur le plan associatif, il figurait parmi les membres fondateurs de l’Organisation marocaine des droits de l’homme (OMDH), créée en 1988. Il en a assuré la présidence de 1992 à 2000. Il a également occupé les fonctions de vice-président de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH). En 1997, il a participé à la création du Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme, qu’il a présidé jusqu’en 2003.
Abdelaziz Bennani a ensuite été nommé membre de l’Instance équité et réconciliation (IER), installée en 2004 sous la présidence de Driss Benzekri.
Son parcours dans le domaine des droits humains avait également dépassé le cadre marocain. Il avait participé à différentes structures et initiatives régionales et internationales consacrées à la défense des droits et des libertés. En 2014, il avait notamment reçu le Defender of Democracy Award décerné par Parliamentarians for Global Action, qui avait alors rappelé son rôle au sein de l’IER et son engagement de longue date dans le mouvement des droits de l’homme.
En 2017, le Conseil national des droits de l’Homme avait consacré une cérémonie à son parcours et publié un ouvrage collectif réunissant des témoignages de proches, de confrères et de personnalités marocaines et étrangères.
Avec sa disparition, le mouvement marocain des droits de l’homme perd l’une de ses figures engagées depuis plusieurs décennies dans la défense des libertés publiques et des droits humains.