Crédits photo : Ahmed Boussarhane/LNT

Société

COVID-19 : Les premiers seront les derniers

le 24 septembre 2020


Triste information que celle qui révèle que le Maroc compte désormais plus de 100 000 cas d’infection au Covid-19 depuis la découverte du premier malade au début du mois de mars dernier !

Ce chiffre fait du Maroc un pays qui compte plus de personnes atteintes que la Chine, même si en pourcentage, il représente beaucoup moins de 1% de notre population globale.

Mais, psychologiquement, il sonne fort et donne à croire que le nouveau coronavirus est beaucoup plus puissant et malfaisant qu’il ne l’est réellement.

Il ne permet pas également de montrer que le chiffre des guérisons est tout aussi important puisque plus de 83 000 cas ont traversé cette épreuve victorieusement.

Quant aux décès, malheureusement, ils approchent les 2000 cas, soit un taux de létalité tout à fait « correct » de 1,8%.

Mais, comme la vérité qui énonce qu’un train qui arrive à l’heure n’est pas une information pertinente, l’opinion publique se focalise toujours sur les mauvaises nouvelles !

Quoi qu’il en soit, le virus est bien présent dans nos villes et nos campagnes, surtout dans les grandes agglomérations urbaines et l’exemple de la métropole économique Casablanca, aujourd’hui en quasi-confinement, en atteste amplement.

Tout comme d’ailleurs le fait que les mesures restrictives de nos libertés, justifiées par l’état d’urgence sanitaire, s’appliquent également à d’autres villes comme Mohammedia, Agadir Beni Mellal, Fès, Marrakech, etc., etc.

Dans ce contexte, on ne cherchera ni la polémique stérile, ni les boucs émissaires puisqu’in fine ce sont tous les Marocains et toutes les Marocaines qui pâtissent de cette situation.

Pourtant, comme beaucoup de nos concitoyens, on aimerait bien savoir pourquoi et comment le Maroc est passé du groupe des « meilleurs de la classe » à celui des plus mauvais, car, en période de pandémie, ce sont les actions préventives et les actes correctifs qui comptent et non la fatalité…

En tout état de cause et nonobstant les efforts qui sont engagés pour réduire la pandémie, force est de reconnaître que le Maroc est en situation d’urgence depuis plus de sept mois avec les conséquences sociales et économiques que cela implique.

Pire encore, la menace du nouveau coronavirus impacte très fortement les activités humaines dans des régions et villes stratégiques pour le pays et sa population.

Certes, on ne saurait établir un classement subjectif des zones touchées en considérant que Béni Mellal, par exemple, compte moins que Casablanca mais cette dernière est le poumon économique national et ses habitants constituent la plus grande concentration humaine du pays.

Voilà pourquoi le retour du confinement de cette ville, (ou quasiment) représente une catastrophe tant cela affecte les circuits économiques et commerciaux, l’activité humaine, le climat des affaires et le moral du pays en son entier.

Et tant que la lutte contre l’expansion du covid-19 restera la priorité des priorités, tout retour à la normale sera impossible, avec les conséquences sociales notamment que cela implique.

Voilà pourquoi sans s’inspirer des exemples néfastes du Brésil de M. Bolsonaro, ni même des Etats-Unis, version Donald Trump, il serait peut-être nécessaire que la lutte contre la pandémie soit mieux coordonnée avec les divers plans de relance et de soutien aux personnes comme aux entreprises car l’économie est sous perfusion et la population sous tension.

Cela s’exprime nettement quand on visionne des photographies de citoyens et citoyennes se glissant sous les barrières métalliques apposées par les autorités pour isoler tel ou tel quartier populaire à Rabat comme cela a été récemment diffusé sur les réseaux sociaux.

Ceux qui agissent ainsi le font par nécessité, non pour aller se promener dans les beaux quartiers !

Voilà pourquoi en cette affaire tout soutenant les actions et mesures prises par les autorités, il s’agit de comprendre que le seuil de tolérance a été atteint en beaucoup d’endroits, mais aussi et surtout que nos concitoyens ont, dans bien des cas, des soucis et des craintes plus pressants que le Covid-19, car manquer de moyens pour vivre, se trouver dans l’impossibilité de nourrir les siens est aussi mortel (à terme) que le virus !

Désormais et en attendant le vaccin contre le COVID-19, il s’agit de faire réellement en sorte de vivre avec lui, tel un compagnon indésirable que l’on est obligé de subir en attendant des jours meilleurs…

Fahd YATA