Société

COVID-19, la course contre la montre…

par Fahd YATA | le 19 août 2020


Avec la hausse passablement inquiétante des cas d’infection au Covid-19 dans les principaux centres urbains du Royaume, la mortalité qui frappe plus sévèrement les personnes atteintes, les mesures préventives édictées et appliquées par le ministère de l’Intérieur et les nouvelles normes sanitaires énoncées par le ministère de la Santé indiquent bel et bien que l’épidémie du nouveau coronavirus bat son plein dans notre pays.

Cette évidence est assise sur le retour à la politique du confinement, laquelle aujourd’hui est devenue sélective, c’est-à-dire appliquée à l’échelle des quartiers, les plus souvent populaires, des grandes villes comme Casablanca, Marrakech, Tanger, Fès, etc.

On comprend donc que ce retour à l’interdiction de circuler, de sortir de « ghettos » sanitaires provisoires appliquée à des dizaines de milliers de nos concitoyens est la seule mesure à même de limiter la circulation de ce maudit virus, mais elle a un corollaire indispensable, celui de l’absolue nécessité de pratiquer les tests en très grand nombre dans les zones ainsi délimitées afin de détecter et réduire les clusters d’infection, qu’ils soient familiaux ou autres.

On comprend également que le Covid-19 est une maladie de classe en ce sens que le virus s’attaque prioritairement aux personnes qui vivent dans des conditions de promiscuité, d’insalubrité, de densité démographique, tandis que les « beaux quartiers » sont peu ou prou préservés !

Et, au rythme où vont les infections ces derniers jours, avec un record de plus de 1700 personnes atteintes samedi dernier, on en vient à croire que la maîtrise de l’épidémie est en train d’échapper aux autorités alors qu’il faut également constater et regretter l’incivisme de nombreux citoyens rétifs au port du masque et à l’observance des gestes barrières.

L’Intérieur a donc décidé de réagir et de frapper fort, par le confinement partiel d’abord, mais également par le rappel sur le terrain de plusieurs « moutons noirs » qui avaient été mis au placard antérieurement pour des manquements à leurs responsabilités.

Car, en réalité, c’est une véritable course contre la montre qui s’est engagée entre le Covid-19 et les autorités.
Il s’agit en effet, de réduire au maximum les nouveaux cas d’infection avant l’arrivée d’échéances inéluctables, incontournables.

Il y a, tout d’abord, la rentrée scolaire et universitaire et, à ce jour, le département concerné n’est guère prolixe sur les conditions qui présideront, début septembre, à cet important moment de la vie sociale, tant pour le corps enseignant que les enseignés, leurs parents, etc.

Il y a, également, l’annonce de la levée de l’état d’urgence sanitaire, laquelle devrait intervenir, en principe, le 10 septembre prochain.
Cela impliquerait, entre autres, la réouverture des frontières aériennes, maritimes et terrestres, mais à la date d’aujourd’hui, avec plus de mille nouveaux cas d’infection révélés chaque jour, on peut légitimement douter qu’elle sera effective à la date officiellement annoncée.

Et, last but not least, il y a les forts inconvénients induits par les confinements partiels qui touchent plusieurs zones populaires des grandes villes.
Les citoyens affectés par les interdictions de déplacements, la fermeture de souks, marchés, commerces, cafés, etc., vont payer cher cette nouvelle restriction alors qu’ils ont déjà subi, avec les conséquences économiques et sociales que l’on sait, le confinement total qui fut imposé du 20 mars au 10 juin derniers.

La question est donc celle de savoir si dans les deux prochaines semaines, le tour de vis imposé par les autorités publiques produira ses fruits en réduisant conséquemment les différents clusters découverts ces derniers jours.
Chacun l’espérera !

Fahd YATA