Politique

Corona et ses suppôts, virus et economicus…

le 11 mars 2020


Alors que le Royaume enregistre son premier décès, une patiente âgée de 89 ans, mais aussi trois nouveaux cas, un touriste français déclaré positif à son arrivée à Marrakech, ainsi que sa femme et son fils, le Covid-19 n’en est pourtant qu’à ses débuts !

Certes, les autorités sanitaires font du bon travail et le ministère de tutelle joue la transparence, mais cette infection respiratoire qui s’est répandue comme une trainée de poudre sur toute la planète, paraît être tout aussi nocive pour les humains que pour les économies.

Le coronavirus, en effet, suppose que, pour arrêter sa progression, l’on instaure des quarantaines et autres confinements drastiques, comme c’est encore le cas à Wu Han en Chine, mais également toute l’Italie et plusieurs villes ou départements en France, notamment.

Chez nous, avant même que l’on arrive à de telles mesures, les impacts économiques et donc sociaux de ce virus se font sentir de manière très forte, du fait des décisions radicales prises par les autorités pour éviter sa dissémination dans la population.

Salons, manifestations sportives, conférences et autres festivals ont été interdits ou reportés, induisant des conséquences parfois dramatiques pour plusieurs secteurs d’activités.

Tourisme, transport aérien, transports VTT, hôtellerie, industries exportatrices, mais aussi secteur de l’import sont parmi les plus touchés.

Car ce black-out quasi général impacte également la demande adressée au Maroc, tandis que certains commerces, habitués à traiter avec la Chine, sont à cours d’approvisionnement.

Avant même donc que le Royaume ne dépasse le stade 1 de cette épidémie, le mal causé à notre économie est terrible et risque évidemment d’être durable.

Les patients toussent, le Maroc trinque !

On a pu le comprendre après la chute des cours à la Bourse de Casablanca, déjà bien faiblarde pourtant et qui a dévissé de près de 10 points du fait des retraits massifs des investisseurs étrangers, suivis par des locaux, en un phénomène moutonnier bien connu.

On le voit également par le manque à gagner qui frappe toute l’économie du tourisme, transport aérien compris, alors que « la perle du Sud », Marrakech, est plongée dans un marasme dont personne ne peut prédire la fin !

Dans ce noir tableau, un seul point positif apparaît, la baisse attendue des prix à la pompe, résultat d’une chute des cours du baril de 30% à l’international.

Mais, les économies réalisées pour la facture pétrolière et la balance commerciale, seront très rapidement rognées par la baisse de nos exportations alors que la balance des paiements sera impactée par le gel des recettes touristiques, la baisse des transferts de nos compatriotes à l’étranger, le manque à gagner au niveau de nos postes exportateurs.

Ce tableau qui paraît déjà apocalyptique, alors que le pire n’est pas encore là, devrait s’assombrir de surcroît par l’impact conséquent d’une pluviométrie très insuffisante qui met entre parenthèses les résultats escomptés de la campagne agricole, avec leurs conséquences sur le pouvoir d’achat des populations du monde rural et ses effets sur le commerce intérieur et la consommation des ménages.

El Othmani, où es-tu, que fais-tu ?

Il faut donc très clairement prendre la mesure de cette catastrophe générale qui affecte notre économie et, partant, le pays tout entier.

Coronavirus plus sécheresse impliquent une urgente réaction du gouvernement et des mesures concrètes pour aider les secteurs en détresse.

Or, à la date d’aujourd’hui, hormis les communications officielles sur les victimes humaines de cette épidémie, le gouvernement est plutôt aux abonnés absents.

Des mesures précises de soutien, de financement, de report d’échéances, fiscales ou sociales, doivent être prises et annoncées au plus vite pour atténuer les impacts de cette méga crise qui nous arrive sans crier gare !

Personne ne peut prédire la durée de la menace que porte le Covid-19, mais il ne fait aucun doute que son impact sur le PIB sera conséquent alors qu’il n’est pas des plus vaillants ces dernières années.

Il devient donc impératif et urgent que les pouvoirs publics prennent les choses en mains en adoptant des mesures salvatrices ou compensatoires.

Ou alors, l’épidémie de coronavirus restera dans l’histoire de notre pays et l’imaginaire collectif de notre peuple comme l’un des pires moments que le Maroc n’ait jamais connus !

Fahd YATA