Société

Masen : Les énergies renouvelables, véritable levier de développement

le 10 novembre 2016


Masen, acteur central des énergies renouvelables au Maroc, est de par la nature de son activité au premier rang de la vitrine durable du Royaume, et se devait de fortement marquer sa présence à la COP22 de Marrakech. Installé au cœur de la zone verte, le stand de Masen compte parmi les plus imposants, exposant les différentes réalisations du groupe, des miniatures de ses projets, avec un fort accent sur l’interactivité (écrans, tablettes, salle de projection…). Visiteurs, exposants et journalistes, marocains ou étrangers, ne pouvaient pas passer à côté du stand, qui est clairement l’un des plus fréquemment visité de la zone verte.

Toutefois, se faire simplement remarquer et exposer ses réalisations ne suffisent pas quand l’on se veut l’un des moteurs du développement durable au Maroc. C’est ainsi que durant toute la COP22, Masen a mis en place un programme très fourni de conférences organisées au niveau de son stand (et sur des chaises en carton, écologie oblige !), qui rassemblent des intervenants de haut niveau autour de thématiques liées aux énergies renouvelables. M. Yosr Tazi, fondateur de Talentum, qui se définit comme un « accompagnateur de talents », est en charge de la modération de la plupart de ces tables rondes.

L’énergie, oui, mais pas que…

Les conférences tenues au stand Masen traitent des différents aspects des énergies renouvelables (EnR), depuis la finance verte jusqu’au complexe Noor, en passant par le Fonds Vert pour le Climat, la coopération Sud-Sud, et les mix énergétiques.

Un des points saillants de ces thématiques est que, pour Masen et ses partenaires, les EnR ne sont pas seulement un moyen de produire de l’énergie propre et pérenne. Ce sont aussi des leviers de développement intégré, participant fortement au développement des régions dans lesquelles les projets sont implantés, et ce à tous les niveaux (industriel, social, économique…).

Durant un panel intitulé « Energie solaire, au-delà de l’électricité », M. Bernannou, PDG du Cluster Solaire, a expliqué que l’intégration industrielle a été l’une des premières priorités de Masen, mais qu’elle a peu touché les PME et les TPE. C’est pourquoi le Cluster Solaire s’est fixé comme objectif de chercher les opportunités offertes par les EnR, en mobilisant ses trois composantes (entreprises, formation et recherche). La moitié de la superficie des locaux du cluster à Casablanca est ainsi dédié à l’incubation d’entreprises. Il donne ainsi une grande priorité aux applications solaires, et s’emploie à cartographier l’ensemble des opportunités présentes ou à venir autour des EnR, en détaille l’ensemble des chaînes de valeurs à l’aide de simulations, et étudie leur viabilité (état des lieux mondial, puis état des lieux au Maroc, et enfin potentiel au Maroc). Le but in fine est de pouvoir développer des produits innovants pour les PME/TPE, et leur permettre une opérationnalisation rapide, à travers un procédé de « Fast Track to Market (FT2M) », qui consiste en un accompagnement au financement (jusqu’à 50%), un accompagnement technique, et un soutien commercial. Les cibles sont les start-ups et les essaims d’entreprises, et les projets se concrétisent régulièrement, comme le Biodôme Compost, un outil permettant aux populations locales de traiter de manière rapide et écologique leurs déchets.

Le cluster solaire accompagne aussi les entreprises dans leurs projets liés aux EnR et à l’efficacité énergétique, et l’audience a pu profiter des témoignages de certains patrons, que le cluster a accompagné dans l’établissement de leur bilan énergétique, de plans de réductions de leur consommation, etc.

Masen

Un formidable levier de désenclavement

« Dans tous les projets énergétiques, il y a une préoccupation sociale », a déclaré M. Tazi en ouverture d’un panel intitulé « Les EnR, un nouveau levier social ». La GIZ est une entreprise fédérale allemande sans but lucratif, qui est dédiée à l’accompagnement des projets de développements dans les pays du Sud, et dont le bras financier est la KfW. La GIZ est un des plus proches partenaires de Masen dans les projets de développements régionaux autour des centrales de productions d’énergie propre (Noor, Midelt…). Elle mène notamment un projet nommé « Edmita », dans les provinces de Midelt et Tata, pour utiliser le potentiel de développement des EnR afin d’augmenter les capacités des régions. A travers des plans d’actions, des campagnes d’information, de formation, et d’évaluation continue des projets, Edmita consiste à identifier le potentiel de développement socio-économique de la région pendant et après la construction de la centrale et proposer des activités d’accompagnement. Il s’agit aussi de mettre en place un véritable dialogue avec les acteurs locaux et Masen, pour inclure toutes les parties prenantes dans le développement régional, avec un focus particulier sur l’agriculture.

Car la « bonne insertion des complexes énergétiques dans leur environnement local » est une priorité, selon M. Tarik Moudden, directeur du développement local pour Masen. Prenant le cas de Ouarzazate, il a expliqué comment Masen a mené 61 projets et actions pour un investissement de 60,5 MDH, afin d’accompagner l’intégration des centrales dans leur environnement socio-économique.

La priorité première est le désenclavement des régions, et c’est aussi la plus coûteuse, car elle nécessite de gros investissements dans les infrastructures. On peut citer notamment la construction de la route de Tasselmante, qui a été étendue pour améliorer l’accès des populations aux équipements et services sociaux.

La deuxième étape du développement est l’amélioration du cadre social des populations, à travers l’éducation (qui est l’une des axes prioritaires de Masen avec 29 projets menés) et la santé notamment.

La phase suivant est celle du développement et de l’animation des territoires, à travers un appui à l’agriculture, l’entreprenariat, et l’emploi.

Depuis l’installation de lampadaires solaires à Ghessate à la formation des agriculteurs aux techniques durables, en passant par le Forum Jeunes Entrepreneurs et le Solar Festival, Masen se place comme un moteur de développement régional, qui permet un renforcement des capacités des populations, pour permettre un véritable épanouissement de l’environnement des centrales énergétiques. Et enfin, ces modèles de développement, une fois éprouvés, pourront être répliqués dans d’autres régions, et même d’autres pays, notamment africains.

Selim Benabdelkhalek