Société

COP22 : Le Brésil ratifie l’Accord de Paris

le 13 septembre 2016


Le Président brésilien, Michel Temer, a ratifié, lundi à Brasília, l’Accord de Paris sur le climat qui fixe des objectifs pour arrêter la hausse des températures dans le monde.

Ratifié par 197 pays partis à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), l’accord a été approuvé par le Congrès brésilien en août dernier et le texte ratifié devra être soumis en septembre à l’Organisation des Nations unies.

« Je pars avec le sentiment d’avoir réalisé une très belle action », a déclaré M. Temer après avoir ratifié l’accord, en relevant que le Brésil a « grandement contribué à la question de l’environnement » au niveau international, notamment à travers la tenue de conférences comme le Sommet de Rio (juin 1992) ou encore la conférence de Rio+20.

Selon le chef d’Etat brésilien, la question climatique ne relève pas des gouvernements individuels, mais il s’agit plutôt d’une « politique de l’État » dictée par la souveraineté populaire et la Constitution.

Pour entrer en vigueur, l’accord de Paris doit être signé par au moins 55 pays responsables de 55 pc des émissions de carbone. Jusqu’à présent, seuls 27 pays-responsables de 39 pc des émissions mondiales, ont ratifié le traité.

Le Brésil vise désormais de réduire de 37 pc ses émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2025, et de 43 pc d’ici 2030, de même qu’il s’engage à contenir le réchauffement climatique « bien en dessous de 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels » et si possible « poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5 Celsius ».

Le texte de l’accord note « avec préoccupation que les niveaux des émissions globales de gaz à effet de serre en 2025 et 2030 estimés sur la base des contributions prévues déterminées au niveau national ne sont pas compatibles avec des scénarios au moindre coût prévoyant une hausse de la température de 2 degrés Celsius, mais se traduisent par un niveau prévisible d’émissions de 55 gigatonnes en 2030 ».

Le ministre de l’Environnement José Sarney Filho a relevé que le Brésil a déjà commencé à adopter des mesures établies par l’accord, en soulignant que son département annoncera prochainement les grandes lignes d’une stratégie visant à promouvoir la protection de l’environnement et le développement durable.

« Un nouveau projet de développement pour l’économie propre va générer des emplois qualifiés et permettre de diffuser une culture de respect de l’environnement. Le prix payé pour l’inaction serait trop élevé pour tout le monde », a déclaré le ministre.

Le ministre des Affaires étrangères, José Serra a, quant à lui, relevé que l’adhésion du Brésil à l’accord de Paris permettra d’attirer des investissements étrangers au pays, en soulignant que le Brésil a un réel potentiel pour réaliser « une révolution industrielle moins gourmande en carburant fossiles ».

Dans le secteur de l’énergie, le géant sud-américain prévoit d’augmenter à 18 pc l’utilisation de biocarburants durables, et d’atteindre le taux de 45 pc de sources renouvelables dans son mix énergétique, dont 28 à 33 pc des sources d’énergie non-hydrique.

L’accord de Paris fait suite aux négociations qui se sont tenues lors de la COP21 à Paris en décembre 2015.

LNT avec Map