HCP3

Conjoncture : La confiance des ménages s’améliore nettement au T4-2025, selon le HCP

Conjoncture : La confiance des ménages s’améliore nettement au T4-2025, selon le HCP

Par LNT
HCP3

L’Indice de Confiance des Ménages (ICM) a enregistré une amélioration notable au quatrième trimestre de l’année 2025, s’établissant à 57,6 points, contre 53,6 points le trimestre précédent et 46,5 points à la même période de l’année 2024. Cette évolution ressort des résultats de l’enquête permanente de conjoncture auprès des ménages, publiée par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), qui met en évidence un redressement progressif du moral des ménages, dans un contexte marqué par des perceptions encore globalement prudentes sur la situation économique et sociale.

Une amélioration progressive de l’indice global

L’ICM, calculé sur la base de sept indicateurs relatifs à la situation générale et à la situation propre des ménages, reflète les perceptions concernant l’évolution passée et future du niveau de vie, les perspectives du chômage, l’opportunité d’achat de biens durables ainsi que la situation financière des ménages. L’amélioration enregistrée au quatrième trimestre traduit un regain relatif de confiance, sans toutefois effacer les inquiétudes persistantes liées à l’emploi, au pouvoir d’achat et à l’évolution des prix.

La progression de l’indice sur un an apparaît significative, après une période prolongée de repli entamée depuis 2020, marquée par les effets conjugués de la crise sanitaire, de l’inflation et du ralentissement économique mondial. Toutefois, le niveau actuel de l’ICM reste inférieur à ses niveaux observés avant 2019, ce qui suggère une normalisation encore incomplète du climat de confiance.

Niveau de vie : des perceptions toujours négatives mais en amélioration

Au quatrième trimestre de 2025, 77,8 % des ménages déclarent une dégradation du niveau de vie au cours des douze derniers mois, contre 5,3 % qui estiment qu’il s’est amélioré. Le solde d’opinion relatif à l’évolution passée du niveau de vie s’établit ainsi à -72,5 points, en légère amélioration par rapport au trimestre précédent et à la même période de l’année précédente.

S’agissant des perspectives, 49,4 % des ménages s’attendent à une dégradation du niveau de vie au cours des douze prochains mois, tandis que 9,9 % anticipent une amélioration. Le solde d’opinion atteint -39,5 points, marquant une amélioration progressive des anticipations, bien que celles-ci demeurent majoritairement pessimistes.

Chômage : un pessimisme en recul

Les perceptions liées à l’évolution du chômage connaissent également une amélioration relative. Au quatrième trimestre de 2025, 65,2 % des ménages s’attendent à une hausse du chômage, contre 17,5 % qui anticipent une baisse. Le solde d’opinion ressort ainsi à -47,7 points, contre -56,4 points au trimestre précédent et -77,2 points un an auparavant.

Cette évolution traduit une atténuation du pessimisme, en comparaison avec les périodes précédentes, même si les anticipations restent globalement orientées à la hausse du nombre de chômeurs.

Biens durables : un contexte jugé peu favorable à l’achat

Concernant l’opportunité d’achat de biens durables, 67,1 % des ménages estiment que la conjoncture n’est pas favorable, contre 14,2 % qui la jugent propice. Le solde d’opinion s’établit à -52,9 points, en amélioration par rapport aux trimestres précédents, sans toutefois signaler un retournement significatif de tendance.

Cette prudence reflète les arbitrages budgétaires opérés par les ménages, dans un contexte marqué par la persistance de contraintes financières et par l’incertitude sur l’évolution future des revenus et de l’emploi.

Situation financière : une stabilité relative

Au quatrième trimestre de 2025, 58,4 % des ménages déclarent que leurs revenus couvrent leurs dépenses, tandis que 39,2 % indiquent recourir à l’endettement ou à l’épargne pour équilibrer leur budget. Le solde d’opinion relatif à la situation financière actuelle s’établit à -36,6 points, un niveau proche de celui observé les trimestres précédents.

Quant à l’évolution passée de la situation financière, 48,6 % des ménages estiment qu’elle s’est dégradée, contre 5,1 % qui déclarent une amélioration. En revanche, les anticipations concernant les douze prochains mois sont légèrement moins négatives, avec un solde d’opinion de -4,2 points, traduisant une amélioration graduelle des perspectives.

Capacité d’épargne et prix alimentaires : des tensions persistantes

La capacité future d’épargne demeure limitée, avec seulement 10,7 % des ménages qui s’attendent à pouvoir épargner au cours des douze prochains mois. Le solde d’opinion relatif à cet indicateur reste fortement négatif, à -78,5 points, bien qu’en légère amélioration.

S’agissant des prix des produits alimentaires, 91,7 % des ménages estiment qu’ils ont augmenté au cours des douze derniers mois. Le solde d’opinion, à -90,9 points, témoigne d’une perception quasi unanime de la hausse des prix, même si celle-ci apparaît moins prononcée qu’auparavant. Les anticipations demeurent orientées à la hausse, 75 % des ménages prévoyant une augmentation des prix au cours des prochains mois.

Des perceptions contrastées sur les services publics et l’environnement

L’enquête annuelle du HCP met également en évidence des évolutions contrastées concernant certains indicateurs structurels. En 2025, 50,1 % des ménages perçoivent une amélioration de la qualité des prestations administratives, tandis que 25,6 % estiment que la qualité des services de l’enseignement s’est améliorée, contre 44,8 % qui en constatent une dégradation, traduisant néanmoins une amélioration par rapport à 2024.

En revanche, les perceptions relatives à la qualité des services de santé restent majoritairement négatives, avec 62,3 % des ménages signalant une dégradation. Les opinions sur la protection de l’environnement et la situation des droits de l’Homme affichent également une légère détérioration par rapport à l’année précédente.

Une reprise progressive de la confiance, encore fragile

Dans l’ensemble, les résultats du quatrième trimestre 2025 indiquent une amélioration graduelle du climat de confiance des ménages, portée notamment par des anticipations légèrement moins pessimistes sur le niveau de vie et l’emploi. Toutefois, la persistance de fortes préoccupations liées au pouvoir d’achat, à l’évolution des prix alimentaires et à la situation financière souligne le caractère encore fragile de cette reprise.

Le HCP souligne ainsi que l’évolution de l’ICM doit être interprétée à travers ses tendances plutôt que ses niveaux ponctuels, dans un contexte où les ménages restent sensibles aux incertitudes économiques et sociales.

LNT

Les articles Premium et les archives LNT en accès illimité
 et sans publicité