Economie

Conjoncture : des signaux contrastés entre financement du Trésor, BTP, transport et énergie

Par LNT
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La conjoncture économique à fin août 2026 reste marquée par des évolutions contrastées. Selon la dernière note de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), les levées brutes du Trésor ont reculé de 22% sur les huit premiers mois de l’année, tandis que le besoin de liquidité bancaire s’est accentué en août. Dans l’économie réelle, les ventes de ciment affichent un léger repli, alors que le transport aérien poursuit sa progression. La production électrique augmente de 2,5%, parallèlement à une hausse plus soutenue de la consommation. Du côté des télécommunications, le parc mobile se stabilise autour de 58,8 millions d’abonnés.

La dernière note de conjoncture de la DEPF livre une photographie contrastée de l’économie marocaine à l’approche de la fin du troisième trimestre. Sur les marchés financiers, les besoins de financement du Trésor diminuent par rapport à 2025, alors que les banques font face à un besoin de liquidité plus important. Dans les secteurs d’activité, les indicateurs font apparaître une progression des transports et de l’électricité, mais une évolution plus modérée dans le BTP.

Trésor : les levées nettes diminuent de moitié

Au terme des huit premiers mois de 2026, les levées brutes du Trésor, opérations d’échange comprises, se sont établies à 78,4 milliards de dirhams, en baisse de 22% sur un an.

Cette diminution provient essentiellement des maturités longues, dont le volume souscrit a chuté de 92,2%, à 2,7 milliards de dirhams. Elles ne représentent plus que 3,4% des levées.

À l’inverse, les maturités moyennes ont progressé de 10,5%, à 57,2 milliards de dirhams, concentrant 73% du total. Les maturités courtes ont, elles, augmenté de 27,1%, à 18,5 milliards, soit 23,6% des levées.

Les remboursements du Trésor ont parallèlement diminué de 8,5%, à 64,1 milliards de dirhams. En conséquence, les levées nettes se sont établies à 14,3 milliards de dirhams, en recul de 53,1% sur un an.

L’encours des bons du Trésor émis par adjudication atteignait 801,6 milliards de dirhams à fin août, en hausse de 1,8% depuis le début de l’année.

Le besoin de liquidité bancaire remonte en août

Sur le marché monétaire, le besoin en liquidité des banques s’est établi à 132,3 milliards de dirhams en moyenne hebdomadaire en août, contre 125,7 milliards en juillet.

Bank Al-Maghrib a, dans ce contexte, porté ses injections à une moyenne hebdomadaire de 150 milliards de dirhams, contre 144,1 milliards un mois auparavant.

Les interventions de la banque centrale se sont principalement réparties entre les avances à sept jours, pour 54,6 milliards de dirhams, les pensions livrées à un et trois mois, pour 48,1 milliards, et les prêts garantis liés aux programmes de soutien au financement des TPME, à hauteur de 47,3 milliards.

Le taux interbancaire moyen pondéré au jour le jour est resté proche du taux directeur, à 2,25% en moyenne.

BTP : recul du ciment mais reprise des transactions immobilières

Dans le secteur du bâtiment et des travaux publics, les ventes de ciment ont diminué de 1,1% sur les huit premiers mois de 2026, après une progression de 10,4% sur la même période de 2025.

La tendance varie toutefois selon les segments. Les ventes destinées au béton prêt à l’emploi ont progressé de 6,4%, tandis que celles liées aux infrastructures ont augmenté de 14,7%.

L’évolution infra-annuelle montre également des écarts importants : après une contraction de 10,9% au premier trimestre, les ventes ont rebondi de 8% au deuxième trimestre avant de reculer légèrement de 0,7% durant les deux premiers mois du troisième trimestre.

Le marché immobilier présente parallèlement des indicateurs plus favorables. Selon Bank Al-Maghrib, le volume des transactions a progressé de 6,3% au deuxième trimestre, après une baisse de 9,3% au trimestre précédent. La hausse atteint 31,9% pour les biens à usage professionnel, contre 3,9% pour le résidentiel et 4,1% pour les terrains.

L’encours des crédits immobiliers a, pour sa part, augmenté de 3,9% à fin juillet, à près de 330,7 milliards de dirhams.

Plus de 22 millions de passagers dans les aéroports

Le transport aérien poursuit sa progression. Les aéroports marocains ont accueilli près de 22,3 millions de passagers durant les sept premiers mois de 2026, soit une hausse de 8,8% sur un an.

Le trafic international augmente de 8,8% et le trafic intérieur de 8,4%. Les flux avec l’Europe progressent de 9,3%, ceux avec l’Afrique de 13,7% et ceux avec l’Amérique du Nord et du Sud de 16,2%. Le fret aérien s’est également renforcé de 12,6%.

Dans les ports, le trafic commercial a progressé de 3,8% au premier semestre pour atteindre 134,9 millions de tonnes. Cette évolution a notamment été soutenue par le transbordement (+7,7%) et les importations (+2,7%), alors que les exportations ont reculé de 1,4%.

Télécoms : le parc mobile se stabilise

Dans les télécommunications, le Maroc comptait plus de 58,8 millions d’abonnements mobiles à fin juin, un niveau quasiment stable sur un an (+0,1%).

Le taux de pénétration de la téléphonie mobile ressort à 157,9%, contre 159,6% un an auparavant.

Le parc de téléphonie fixe a, en revanche, progressé de 8%. L’Internet poursuit également sa croissance, mais à un rythme moins soutenu : le nombre d’abonnements a augmenté de 1,9%, pour approcher les 42 millions. Le taux de pénétration atteint désormais 112,6%.

Électricité : la consommation progresse plus vite que la production

Enfin, la production nationale d’électricité a augmenté de 2,5% à fin juillet 2026, après une progression de 5,4% un an plus tôt.

Cette évolution intègre notamment une hausse de 19,8% de la production d’énergies renouvelables relevant de la loi 13-09 et de 1,1% de la production privée. À l’inverse, la production de l’ONEE a reculé de 2,6%.

Les échanges avec l’extérieur ont également évolué sensiblement. Les importations d’électricité ont augmenté de 31,7%, tandis que les exportations ont chuté de 44,2%.

Dans le même temps, la consommation nationale d’électricité a progressé de 9,4%, soit un rythme nettement supérieur à celui de la production. L’énergie nette appelée s’est, pour sa part, accrue de 5,4%.

LNT

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