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Conférence APSB : liquidité, profondeur et confiance, défis d’un marché boursier en expansion

Conférence APSB : liquidité, profondeur et confiance, défis d’un marché boursier en expansion

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La place financière de Casablanca a été, ce lundi 9 février 2026, au cœur d’un échange approfondi sur ses perspectives d’évolution à l’occasion d’une conférence organisée par l’Association Professionnelle des Sociétés de Bourse (APSB), sous le thème « Le marché boursier marocain à l’aube d’une nouvelle ère : quels défis et quelles attentes ? ». Cette rencontre a réuni les principaux acteurs institutionnels et professionnels du marché des capitaux afin d’analyser les transformations en cours et les conditions d’une consolidation durable.

Autour de la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, ont pris part aux débats le président de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), Tarik Senhaji, le président du Conseil d’administration de la Bourse de Casablanca, Brahim Benjelloun Touimi, le directeur général de la Bourse, Nasser Seddiqi, le président de Maroclear, Mounir Razki, ainsi que le président de l’APSB, Amine Maamri.

Un marché en phase d’accélération

Dans son intervention, Amine Maamri a souligné que l’année 2025 avait confirmé le rôle central du marché boursier dans le financement de l’économie nationale. Il a évoqué une progression marquée des indicateurs, avec une capitalisation ayant dépassé 1 000 milliards de dirhams et des volumes en hausse, traduisant selon lui une confiance renforcée.

Toutefois, il a insisté sur le fait qu’un marché financier « ne se mesure pas uniquement à sa stabilité », mais à sa capacité à générer de la liquidité et à attirer durablement les investisseurs. La profondeur du marché, la diversification des instruments et l’élargissement de la base des investisseurs ont ainsi été identifiés comme des chantiers prioritaires.

La ministre Nadia Fettah a replacé ces enjeux dans une séquence macroéconomique qu’elle a qualifiée de favorable. Rappelant que la bourse est souvent perçue comme un « thermomètre » de l’économie, elle a estimé que, dans les phases d’accélération, elle doit devenir « un moteur, un outil de transformation ». Selon elle, la question n’est plus seulement de financer l’économie, mais de diversifier les sources de financement et de partager plus largement la création de valeur.

Liquidité, profondeur et confiance : des priorités convergentes

Les interventions ont convergé vers un diagnostic commun : la dynamique récente demeure concentrée sur un nombre limité de grandes capitalisations, et la liquidité doit être consolidée sur la durée. « Le défi n’est pas seulement d’introduire des sociétés, c’est aussi de faire vivre les titres dans la durée », a souligné la ministre, appelant à un effort collectif pour développer le marché secondaire, notamment pour les PME.

Elle a également rappelé que « la liquidité ne se décrète pas par la loi, elle se construit par des stratégies et par l’innovation des acteurs privés », tout en affirmant l’engagement des pouvoirs publics à créer un environnement favorable. La préparation des introductions en bourse, qui s’inscrit souvent sur plusieurs années, suppose un accompagnement structuré des entreprises et une coordination avec les fonds d’investissement, les banques d’affaires et les dispositifs publics de soutien.

Pour Tarik Senhaji, président de l’AMMC, la période actuelle doit être transformée en « maturité structurelle et durable ». Il a salué la progression du nombre d’investisseurs particuliers, qu’il a qualifiée d’avancée en matière de démocratisation de l’investissement, tout en soulignant l’exigence accrue en matière de communication financière, de transparence et d’éducation des investisseurs. La crédibilité du marché repose, selon lui, sur la qualité de son fonctionnement, la maîtrise des risques opérationnels et le respect des standards internationaux.

Modernisation des infrastructures et rôle des intermédiaires

Le président du Conseil d’administration de la Bourse de Casablanca, Brahim Benjelloun Touimi, a insisté sur la nécessité d’un développement durable du marché, capable d’absorber les chocs et d’offrir des mécanismes d’animation efficaces. Il a souligné l’évolution du rôle des intermédiaires boursiers, appelés à dépasser la simple exécution des ordres pour devenir des partenaires stratégiques des émetteurs et des investisseurs.

Nasser Seddiqi, directeur général de la Bourse de Casablanca, a pour sa part évoqué les réformes structurelles engagées, notamment la transformation de la Bourse en groupe intégré et le renforcement des mécanismes d’animation et de gestion des risques. Il a également mis en avant la progression du marché primaire au cours des trois dernières années et l’augmentation de la participation des investisseurs particuliers, soulignant la nécessité d’accompagner cette évolution par des efforts accrus en matière de formation et de pédagogie.

La dimension post-marché a été abordée par Mounir Razki, président de Maroclear, qui a rappelé que la maturité d’un marché se mesure aussi à la robustesse, à la modernité et à la résilience de ses infrastructures. Il a insisté sur l’importance de la digitalisation, de la standardisation des processus et de la réduction des délais de traitement pour renforcer la sécurité et l’efficience des opérations.

Le marché à terme, une étape structurante

Dans ce contexte, la ministre Nadia Fettah a annoncé que le lancement du marché à terme est prévu pour le 6 avril 2026. Selon elle, cette évolution « marquera une étape structurante pour notre place financière », en offrant aux investisseurs de nouveaux outils de couverture, en améliorant la formation des prix et en contribuant à renforcer la liquidité et l’attractivité globale du marché. Elle a également indiqué que l’objectif demeure de renforcer la présence du Maroc dans les grands indices internationaux, notamment le MSCI, dans un contexte mondial de recomposition des flux d’investissement.

Au-delà de cette annonce, l’ensemble des intervenants ont insisté sur la responsabilité partagée qui incombe aux pouvoirs publics, aux régulateurs, aux infrastructures de marché, aux intermédiaires et aux entreprises pour transformer la dynamique actuelle en trajectoire durable.

Selim Benabdelkhalek

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