M. Maurice Button, Président exécutif et fondateur de City & Financial global Ltd.

Économie et Finance

La City demeurera la première place financière, un atout pour l’UE également, selon M. Maurice Button, CEO de City & Financial Global LTD

le 25 avril 2018


City & Financial Global Ltd est une institution privée britannique spécialisée dans l’organisation de conférences internationales de haut niveau dans le domaine de la Finance, de la Fintech, de la Cyber finance ou encore dans le management du risque.

Elle est le principal organisateur de la City Week depuis de nombreuses années aux côtés de partenaires officiels comme City London, TheCityUK, le Department of International Trade, etc.

Elle a travaillé pour le gouvernement britannique, le gouvernement fédéral américain, la Commission européenne ou encore l’ONU.

Son président exécutif et fondateur, M. Maurice Button, a bien voulu répondre aux questions de La Nouvelle Tribune et de www.lnt.ma en marge de l’édition 2018 de la City Week qui s’est tenue à Londres les 23 et 24 avril derniers.

  

La Nouvelle Tribune :

City Week est un événement important pour la City de Londres. Le Brexit en est le thème principal, cette année, qu’en dites-vous ?

Maurice Button :

Effectivement, le Brexit représente le thème central de l’édition 2018 de la City Week.

Car, ce qui intéresse les participants, c’est de savoir ce qui, d’un point de vue financier bien sûr, sera possible de faire et d’obtenir avec la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne.

Et comme l’a dit ce matin le Commissaire européen en charge des services financiers, M. Dombrovskis, on devrait s’attendre à obtenir les mêmes avantages et conditions que ce qui est accordé aux pays tiers par l’Union européenne, telle la Suisse par exemple.

Cependant, comme l’a exprimé hier le vice-ministre suisse des finances, ce qui est aujourd’hui accordé à son pays n’est pas très avantageux, notamment parce qu’il s’agit de mesures à court terme.

Et si tel devait être le contenu de l’accord sur les services financiers entre le Royaume Uni et l’UE, cela ne serait pas suffisant ou positif.

A l’opposé, ici à Londres, on estime que l’accord financier devrait s’intégrer dans le cadre de la stratégie internationale sur les services financiers et la possibilité d’un large accès aux marchés européens pour la finance londonienne, dans le cadre d’un bénéfice mutuel et partagé.

Certes, nos discussions et analyses dans le cadre de cette City Week ont montré que les points de vue étaient encore assez éloignés sur la possibilité de conclure un accord de Libre Échange avec l’UE et notamment sur les questions financières.

L’avis des experts et des spécialistes de la City est que cet arrangement sera possible afin de donner à toutes les parties satisfaction, mais pour l’heure, rien n’est certain et il nous faudra attendre encore.

L’une des conséquences du Brexit serait-t-elle d’élargir le champ d’intervention et le rayonnement de la place financière de Londres ?

Très certainement, ne serait-ce que parce qu’il y a une évidence aujourd’hui, c’est que les grands centres financiers mondiaux se trouvent en dehors de l’Europe continentale.

Et les intervenants de ce matin à la City Week, y compris les Européens, ont tous conclu que la City resterait le cœur financier du Vieux Continent.

En effet, la crainte se fait jour chez les experts, britanniques et européens, que le centre de gravité de la finance internationale ne se déplace de Londres vers New York, Singapour ou Hong Kong, ce qui serait dommageable à la fois pour le Royaume Uni et pour l’Europe elle-même.

Car, personne ne peut nier l’éventualité que l’une des conséquences non attendues du Brexit ne soit l’octroi d’un avantage décisif à un centre financier hors du territoire européen.

Mais Paris ou Francfort ne pourraient-ils pas prendre la place de Londres ?

Je pense que Londres est irremplaçable pour plusieurs raisons et facteurs. N’oubliez pas que la City représente la concentration de capacités intellectuelles à nulle autre semblable en termes de compétences financières, sans oublier la question des réseaux et des circuits financiers qui ont été tissés au fil des années. De plus, Londres est plus importante en termes de taille et la City est pour toutes ces raisons, dans une position très forte.

Enfin, n’oubliez pas que les zones et centres de la croissance économique ne proviennent pas majoritairement d’Europe, loin s’en faut, mais d’autres aires géographiques de par le monde.

Les grandes opportunités nées de ces régions et là je pense à la Chine, à l’Inde, aux économies des « tigres asiatiques », etc., ne se dirigeront pas vers les centres financiers que vous avez évoqués, mais ils sont d’ores et déjà en affaires avec la City de Londres et cela ne changera pas après le Brexit.

Afifa Dassouli avec M. Maurice Burton.

Mais que dire des menaces qui pèsent en termes de régulation, de taxation, etc., ?

Tout ceci dépendra de l’accord de Libre Échange qui sera conclu avec l’Union Européenne et de son contenu.

Certains militent d’ailleurs pour ce que l’on appelle un régime spécial, « Enhanced Equivalence », c’est-à-dire un accord basé sur la réciprocité et le bénéfice mutuel entre le Royaume-Uni et l’UE.

Nous en sommes aujourd’hui à l’heure des expectations et des hypothèses, et l’avenir nous dira quels choix seront retenus dans la construction de relations nouvelles entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne.

Que savez-vous de Casablanca Finance City ?

Je connais bien Casablanca Finance City et elle a déjà été impliquée dans de précédentes éditions de City Week.

Je sais et j’apprécie le succès de CFC et je comprends qu’un nombre grandissant de personnes considère CFC comme le pont indispensable vers l’Afrique, ce que nous apprécions à sa juste valeur à la City.

CFC offre des avantages conséquents en termes d’attractivité et de facilités fiscales notamment, ce qui constitue de grandes opportunités par les milieux financiers concernés.

Que penser du partenariat entre la Bourse de Casablanca et le London Stock Exchange ?

Je crois que ce partenariat est important pour élever le profil de la Bourse casablancaise et donner aux opérateurs, acteurs et investisseurs les services qu’ils sont en droit d’attendre d’une place financière.

Entretien réalisé par Afifa Dassouli, Londres.

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