Chômage des jeunes : l’Afrique du Nord au deuxième rang mondial avec 22,6%, et ce sont les femmes qui décrochent

Par LNT
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Le chômage mondial des jeunes est remonté à 12,4% selon l’OIT, soit 67 millions de sans-emploi. L’Afrique du Nord affiche 22,6%, en hausse de 1,8 point en deux ans — et les jeunes femmes de la région ont vu leur taux bondir de 2,8 points. Les États arabes restent la région la plus touchée, à 26,2%.

Le dernier rapport de l’Organisation internationale du travail sur les tendances mondiales de l’emploi des jeunes livre un diagnostic préoccupant pour la rive sud de la Méditerranée. À l’échelle mondiale, le taux de chômage des 15-24 ans est remonté à 12,4% en 2025, contre 12,3% en 2023 — une inflexion modeste en apparence, mais qui interrompt une trajectoire de reflux et concerne 67 millions de jeunes.

Afrique du Nord : 22,6%, et une dégradation qui s’accélère

Le classement régional place l’Afrique du Nord en deuxième position mondiale, avec un taux de 22,6%, derrière les seuls États arabes (26,2%). Plus inquiétant que le niveau : la dynamique. La région a enregistré une hausse de 1,8 point en deux ans, signe que le décrochage s’aggrave plutôt qu’il ne se résorbe.

Le détail par genre est encore plus révélateur. Les jeunes femmes nord-africaines ont vu leur taux de chômage progresser de 2,8 points sur la même période — un différentiel qui traduit une éviction spécifique du marché du travail, distincte du problème général d’insertion des jeunes.

Un paradoxe statistique : plus d’emplois, mais pas assez

Les chiffres mondiaux recèlent une nuance importante. Le nombre absolu de jeunes en emploi atteint 476 millions, son plus haut niveau depuis 2013. Mais le taux d’emploi des jeunes, à 37,1%, reste légèrement en deçà des niveaux de 2023-2024 : la croissance démographique absorbe et dépasse la création d’emplois.

Les projections de l’OIT pour 2026 et 2027 tablent sur un taux de chômage de 12,3% par an, soit environ 68 millions de jeunes sans emploi — une stabilisation à un niveau élevé plutôt qu’une amélioration.

Les NEET : 257 millions de jeunes hors du système, aux deux tiers des femmes

L’indicateur le plus alarmant concerne les NEET — les jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation. Leur proportion est passée de 19,7% en 2023 à 20% en 2025, soit 257 millions de personnes à l’échelle mondiale.

La composition de ce groupe est massivement genrée : les femmes représentent plus des deux tiers de la population NEET. Le taux atteint 27,4% chez les jeunes femmes, contre 13,1% chez les jeunes hommes — un écart de plus du double qui renvoie à la fois aux normes sociales sur le travail féminin et à l’absence d’infrastructures de garde d’enfants.

Quatre facteurs identifiés

L’OIT attribue cette dégradation à une combinaison de facteurs : le ralentissement de la croissance mondiale, l’affaiblissement de la création d’emplois, les tensions géopolitiques et les mutations technologiques. Ce dernier point mérite attention : l’automatisation et l’intelligence artificielle affectent en priorité les emplois d’entrée de carrière, précisément ceux par lesquels les jeunes accèdent au marché du travail.

Une résonance directe au Maroc

Pour le Royaume, ces données recoupent un débat national déjà vif. La question de l’emploi des jeunes figure au premier rang des programmes électoraux à l’approche des législatives du 23 septembre, et le gouvernement vient d’introduire une prime transitoire destinée à faciliter le passage des bénéficiaires de l’aide sociale vers l’emploi déclaré. Autant de dispositifs dont l’efficacité se mesurera à l’aune de statistiques que l’OIT invite à ne pas lire avec optimisme.

 

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