Asie

Chine : le cinquième plénum du Parti communiste, une étape décisive avant le congrès de 2027

Par LNT
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Le président chinois Xi Jinping

Le Parti communiste chinois (PCC) réunira, à partir du lundi 26 octobre à Pékin, son Comité central pour une cinquième session plénière consacrée à la gouvernance interne et à la discipline des cadres. Organisée à un an du 21e Congrès du Parti, cette réunion intervient dans un contexte de renforcement de la campagne anticorruption, de renouvellement des instances dirigeantes et de réorganisation du commandement militaire. Elle pourrait également fournir des indications sur les équilibres politiques au sein de la direction chinoise et sur les perspectives d’un quatrième mandat de Xi Jinping à la tête du PCC.

Le président chinois Xi Jinping et les principaux responsables du Parti communiste chinois se réuniront du 26 au 29 octobre à Pékin à l’occasion de la cinquième session plénière du Comité central issu du congrès de 2022.

Cette rencontre, organisée à huis clos, constitue une étape importante dans le calendrier politique chinois. Elle précède le 21e Congrès du PCC, prévu à l’automne 2027, au cours duquel la direction du Parti doit être renouvelée.

À 73 ans, Xi Jinping, au pouvoir depuis 2012, devrait conserver ses fonctions à l’issue de ce congrès et obtenir un quatrième mandat à la tête du Parti. Les observateurs s’intéresseront donc particulièrement aux décisions relatives à la discipline interne, aux nominations et à la composition des principales instances dirigeantes.

Une réunion consacrée à la gouvernance du Parti

Les sessions plénières du Comité central réunissent environ 300 hauts responsables du PCC. Elles permettent de débattre des grandes orientations politiques et organisationnelles, ainsi que d’adopter des décisions concernant le fonctionnement du Parti et la conduite des affaires publiques.

Le cinquième plénum doit principalement porter sur ce que les autorités chinoises désignent comme « l’autogouvernance totale et rigoureuse du Parti ».

Cette orientation vise à renforcer la discipline des cadres, à améliorer l’application des décisions prises par la direction centrale et à poursuivre la lutte contre la corruption.

La réunion intervient alors que Xi Jinping cherche à institutionnaliser les mécanismes de contrôle mis en place depuis son arrivée au pouvoir.

Les précédents plénums ont joué un rôle important dans la consolidation de son autorité. En 2016, une session avait consacré son statut de « noyau » du Parti. En 2021, une autre avait adopté une résolution historique renforçant la place de sa pensée dans la doctrine officielle du PCC.

Certains analystes envisagent que cette nouvelle réunion puisse s’accompagner d’une évolution supplémentaire de son statut, notamment par l’adoption du titre de « président du Parti », une fonction autrefois exercée par Mao Zedong. Cette hypothèse demeure toutefois spéculative.

La discipline des cadres au centre des préoccupations

La lutte contre la corruption constitue l’un des principaux axes de la politique menée par Xi Jinping depuis 2012.

En quatorze ans, cette campagne a entraîné la mise à l’écart de milliers de responsables, dont plusieurs dizaines de membres du Comité central.

Malgré son ampleur, les autorités chinoises continuent de dénoncer des difficultés dans l’application des décisions prises au niveau central.

Avant le plénum, les médias d’État ont notamment relayé des déclarations de Xi Jinping critiquant les responsables qui affichent publiquement leur adhésion aux orientations du Parti sans les appliquer effectivement.

Le président chinois a également mis en cause les comportements qu’il considère comme relevant de l’opportunisme politique ou d’une volonté d’éviter les conflits au détriment du respect des règles.

Pour Daria Impiombato, chercheuse à l’Institut Mercator pour les études chinoises, Xi Jinping considère la lutte anticorruption comme un élément essentiel de la légitimité du régime.

Selon elle, la volonté de poursuivre l’assainissement des structures du Parti répond à l’objectif de préserver sa capacité à gouverner sur le long terme.

Cette politique soulève néanmoins des interrogations sur ses effets administratifs.

Jean Christopher Mittelstaedt, spécialiste de la Chine à l’université de Zurich, estime que la direction centrale cherche à résoudre une difficulté récurrente : garantir l’application effective de ses décisions par les responsables locaux.

Ces derniers disposent d’informations spécifiques sur les réalités territoriales et doivent composer avec des contraintes budgétaires croissantes.

Selon le chercheur, le renforcement des règles et de la surveillance pourrait cependant accentuer certains comportements de conformité formelle, sans nécessairement améliorer l’exécution des politiques publiques.

Le congrès de 2027 en ligne de mire

Au-delà des questions disciplinaires, le cinquième plénum sera observé pour les indications qu’il pourrait fournir sur la future composition de la direction chinoise.

Le 21e Congrès du PCC, prévu en 2027, doit notamment procéder au renouvellement des principales instances du Parti, dont le Bureau politique, également appelé Politburo, et son Comité permanent.

La reconduction de Xi Jinping étant considérée comme très probable par les analystes, l’attention devrait davantage se porter sur les personnalités susceptibles d’accéder à d’autres fonctions importantes.

Plusieurs postes sont actuellement vacants au sein des instances dirigeantes.

Trois membres du Politburo ont été écartés au cours du mandat actuel, un nombre présenté comme inédit depuis 1980 pour une même période.

Au Comité central, huit sièges de membres titulaires sont vacants, tandis que quinze autres responsables font l’objet d’enquêtes et pourraient être remplacés.

Ces mouvements pourraient modifier les équilibres internes à l’approche du prochain congrès.

Toutefois, les postes vacants au Politburo sont rarement pourvus lors d’une session plénière. Les décisions prises à l’issue de la réunion ne permettront donc pas nécessairement de connaître la future composition de la direction.

Une campagne anticorruption qui touche le commandement militaire

L’autre dossier majeur concerne l’Armée populaire de libération, particulièrement affectée par les enquêtes disciplinaires et les évictions de hauts responsables.

La campagne anticorruption a notamment entraîné la mise à l’écart de cinq des sept membres de la Commission militaire centrale, l’instance suprême du Parti chargée de superviser les forces armées.

Selon les données de l’Asia Society Policy Institute, sur les 44 militaires nommés au Comité central en 2022, seuls deux n’auraient pas été écartés ou n’auraient pas disparu de la scène publique.

Cette situation traduit l’ampleur des changements intervenus au sein du commandement militaire chinois.

Jonathan Czin, chercheur à la Brookings Institution, considère que ces évictions témoignent d’une profonde défiance de Xi Jinping à l’égard d’une partie des responsables militaires.

Selon lui, la campagne en cours conduit à un renouvellement d’une ampleur exceptionnelle parmi les officiers généraux.

Les analystes suivront donc attentivement les éventuelles nominations ou réorganisations annoncées à l’issue du plénum.

Au-delà de la lutte contre la corruption, ces décisions pourraient avoir des conséquences sur la stabilité de la chaîne de commandement et sur la conduite des réformes militaires engagées par Pékin.

Un Comité central profondément remanié

Les nombreuses évictions intervenues depuis le congrès de 2022 devraient également avoir un effet sur la participation à cette cinquième session plénière.

Selon les estimations rapportées par plusieurs analystes, la réunion pourrait enregistrer le plus faible nombre de participants depuis la mort de Mao Zedong, en 1976.

Cette situation constitue un élément particulier du contexte politique dans lequel se déroule le plénum.

Elle illustre à la fois l’ampleur des mesures disciplinaires prises ces dernières années et les transformations en cours dans la composition des instances dirigeantes.

Le renouvellement des responsables concernés représentera l’un des enjeux du congrès de 2027, même si les modalités précises de ce processus restent à déterminer.

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