Le Kazakhstan envisage de stocker des volumes significatifs de blé dans un port marocain, sous gestion kazakhe, afin d’en assurer la distribution sur les marchés africains. L’information a été donnée le 14 septembre par l’ambassadeur du Royaume à Astana, Mohammed Rachid Maaninou, qui fait état d’un accord conclu il y a environ deux ans.
Les paramètres de l’opération restent à préciser. Ni le port retenu, ni la capacité de stockage envisagée, ni le calendrier de mise en œuvre n’ont été communiqués. La logique commerciale, en revanche, est explicite : passer d’une relation de fourniture directe au Royaume à une position de plateforme régionale permettant d’atteindre l’ensemble du continent.
Le mouvement répond à une contrainte de débouchés. Premier exportateur de blé d’Asie centrale, le Kazakhstan a vu ses circuits traditionnels bouleversés par la recomposition des flux céréaliers consécutive à la guerre en Ukraine, et cherche des marchés de substitution moins dépendants des routes russes et de la mer Noire. L’Afrique, dont les importations de blé progressent avec l’urbanisation, constitue la cible naturelle de cette diversification.
Les échanges bilatéraux restent modestes et peu diversifiés. Ils ont atteint 461,5 millions de dollars en 2025, dont environ 90% correspondent à des exportations kazakhes de soufre, matière première essentielle à la production d’acide phosphorique et donc aux engrais. Les céréales représentent à ce jour un volume marginal, avec environ 60 000 tonnes de blé kazakh importées en deux cargaisons en 2025.
Pour les ports du Royaume, le projet ouvre une perspective différente de celle du transbordement conteneurisé. Le stockage et la redistribution de vrac agricole supposent des silos, des capacités de manutention spécialisées et une chaîne de contrôle qualité, mais génèrent une valeur ajoutée liée au négoce et non seulement à la manutention. Il s’agirait, selon la formule employée dans le débat public marocain, de passer du transbordement à la transaction.
Un projet de liaison aérienne directe entre Casablanca et Almaty est par ailleurs évoqué dans le cadre du rapprochement entre les deux pays.
LNT
